Partager l'article ! 1er mai: Il était grand temps de s'y mettre. C'était plein de motivation que je me levais ce matin de bonne heure, ...
Il était grand temps de s'y mettre. C'était plein de motivation que je me levais ce matin de bonne
heure, sur les coups de 11h30, pour une fois que je me réveille avant midi, c'est un signe ou je ne m'y connais pas. La rentrée, c'est dans deux jours, il serait judicieux de profiter de
cette avant-dernière journée pour être un tant soit peu productif. Allez c'est décidé: aujourd'hui je bosse, au moins jusqu'au match de rubby.
Empli de bonne volonté et de sérieux, je me lance, j'attaque, je transforme. Petite pause au bout de deux heures, histoire de me traîner jusqu'à Gibert pour racheter une rame
de papier A4. Je sors de chez moi, hey ho, tourne à droite, je rentre du boulot, quand soudain...
Quel con je suis, mais c'est bien sûr! on est le 1er mai aujourd'hui, fête du muguet et du travail! Le 1er
mai à Paris, c'est un peu comme dans toutes les villes de France: on vend du muguet à tous les coins de rue et on boit de la bière en manifestant. C'est toujours sympa les 1er mai, tout le monde
est dans la rue et revendique tout et n'importe quoi, au-cul, au-cul, aucune hésitation, merguez-harissa, sono à fond et autocollants engagés. Curiosité oblige, je remonte le Faubourd
Saint-Denis, voir ce qu'il se passe sur les Grands Boulevards.
En haut du Faubourg, un attroupement sous la Porte Saint-Denis attire mon attention: une mini-fanfare et des étendards Siné
Hebdo de partout, je me dis tiens, allons voir ça de plus près, après tout je suis pas pressé. Siné Hebdo, pour faire court, est un hebdo satirique connu de tous et qui,
malheureusement, est forcé de s'arrêter à cause du pas-de-pognon ambiant. Du coup, ce petit stand pour fêter le dernier tirage, je me dis que l'emplacement est bien choisi, en haut de la rue
Saint-Denis (la rue des putes, quoi) sous une arche à la gloire de Louis XIV, ça sent la provoc'.
A Paris, on tombe toujours sur des gens plus ou moins connus, un peu comme à Los Angeles j'imagine, bien que je n'y
sois jamais allé, mais ça fait toujours classe de parler de L.A.
Le stand de Siné était donc l'occasion de recontrer tous les gens de l'hebdo, qui comptent tous parmi les plus gros bras d'honneur de notre cher pays, des humoristes, des journalistes, photographes, dessinateurs, bref, y'avait du beau monde pour qui lit de temps en temps Siné Hebdo. Trop cool me dis-je, c'est trop la patate le 1er mai à Paris, bonjour M'sieur Siné, vous pouvez écrire un truc sur mon exemplaire histoire de faire le mec-qui-a-rencontré-Siné?
Tout content, j'décide de me promener un peu, manière de dire j'y étais. Et puis je reconnais ce type, avec ses
lunettes et son mégaphone, qui hurle des trucs bizarres du genre "à 16h, lâché de billets de 500€ pour relancer le pouvoir d'achat". Ben ouais, juste en face du Monoprix, Alévêque faisait son
petit happening, et invitait la foule à fêter les "3 ans du petit" (entendre les 3 ans de mandat de Sarko) jeudi prochain devant le Fouquet's. Du coup, j'ai squatté un moment, là, à
l'écouter lâcher ses conneries en regardant défiler les cortèges, invitant tout le monde a venir dépuceler Mireille Mathieu, donnez-moi mille colombes, etc.
Du coup, je suis rentré un peu plus tard que prévu gavé de merguez, mais surtout sans ma rame d'A4. Fichtre, j'y étais presque.