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Ah Cannes en mai: Le moment de l'année où tous les fans du cinéma se rejoignent pour s'esbaudir devant des films austro-hongrois à 8h dum' avant d'aller danser collé-serré
avec Paris Hilton au VIP Room (Ahhhh, Paris...).
Cette année, la compétition s'annonce serrée jusqu'au bout, Tarantino, Almodovar, Noé, Audiard, Resnais et tous leurs potes ont l'air chauds the night. Perso, mes préférences iraient vers Tarantino ou Noé. Ouais, pas très originaux comme choix, mais ces films sentent la testo' et le crade à plein nez, ca laisse augurer d'une bonne jouissance filmique.
Enfin bref, Cannes c'est 10 jours de festival du film, où le comique et l'improbable couchent dans le même lit, où l'inédit et le déjà-vu font enfin la paix, où le très bon et le très mauvais prennent l'apéro ensemble dès 10h dum'.
Afin de rendre hommage à cette belle dizaine du cinéma mondial (mais aussi parce que personne ne risque de m'inviter) voici donc Ma sélection, Ma sélection de films-pour-fans-par-les-fans.
Lundi 22h30
Premier
film en compétition: "Good Morning England" ('The Boat that Rocked' dans la langue de Victoria Beckham), place aux fans de vraie musique comme on l'aime, et pas de la musique qui tue la musique
comme celle qui nous est râbachée à longueur de temps sur Nrj (que diable).
Le topo: parce que sa crise d'adolescence commence sérieusement à taper sur le système de sa chère maman, un jeune pubère est envoyé chez Tonton. Seulement voilà, Tonton participe avec une poignée d'autres types à une Radio pirate (Radio Rock, quelle imagination), qui se sont fixés pour but, pour mission, de réveiller l'Angleterre bien-pensante noyée dans la mint sauce à grands coups de Led Zeppelin, de Beach Boys ou de David Bowie. "Good Morning England", ou comment la rock attitioude peut être un vrai way of life, une sorte d'épanouissement mystique à la sensibilité (et hop, une larme, une). Un film à voir les yeux fermés, plus de 2h de mise en images des meilleurs sons de ces années 60's, à nous faire regretter d'être sous le règne de Kenza Farah.
Mardi, 19h12
Deuxième film en compétition: "Les Grands Frères" ("Role Models" dans la langue d'Obama), hourra pour les premières générations de geeks: les geeks du jeu de rôle, sorte de
version béta de ce qui a évolué en "WoW addicts".
Le topo: parce qu'ils ont pété un plomb en pleine conférence, deux VRP fans de Kiss (oui oui, Kiss, le groupe) se retrouvent avec une centaine d'heures de TIG à effectuer en parrainant des ados en difficulté. Seulement voilà, pendant qu'un premier doit gérer un jeune voyou sympathique au demeurant mais d'un langage plutôt vulgos, le second a en charge un pauvre fan de jeu de rôle en plein air. Voilà la magie du film: les reconstitutions de ces batailles-pour-de-faux-avec-des-gens-qui-y-croient-pour-de-vrai, duels à l'épée en mousse, "Bon Matin! Mais quel est donc ce jeune vassal que Mercure nous envoie? Bonne Bataille!", "A genoux devant le roi", on veut y croire, on doit y croire, on y croit. Un film à voir, en gardant en tête qu'un Aragorn sommeille au fond de chacun d'entre nous, et qu'une simple recherche sur Google peut nous mettre en réseau avec d'autres comme vous (qui sait, peut-être quelqu'un rêve quelque part d'être un Gimli et deviendrait alors votre fidèle serviteur).
Mercredi, 21h43
Troisième film en compétition: "Fanboys" (cette fois, pas de traduction), un film en forme d'hommage à ce que le cinéma moderne post-Nouvelle Vague a donné de mieux, les trilogies
"Star Wars".
Le topo: quatre fans de Star Wars ne pouvant plus tenir avant la sortie mondiale de "La Menace Fantôme", traversent les USA pour pirater l'ordinateur de George Lucas. Un voyage initiatique où ils devront montrer leur vaillance face à des fans de Star Trek sur les dents (ben oui, les films Star Trek valent rien), et prouver qu'ils sont bien les plus gros nerds de Star Wars que la Terre ait jamais portés. Une mise en abyme de la trame de "La Guerre des Etoiles", une transposition des personnages (Han Solo, Luke, Leia et toute l'équipe) dans l'environnement des Fanboys américains, qui ne semblent vivre que pour et par ces films. Heureusement, nous en France on a notre bon cinéma à papa qui bouge pas, ce qui, finalement, a pour bonne conséquence d'empêcher tout fanatisme (à part peut-être les Bronzés et La Cité de la Peur).
Jeudi, 23h58
Quatrième film
en compétition: "Frangins malgré eux" ("Step Brothers" dans la langue de Britney Spears), où comment conserver ses 4 ans d'âge mental quand on en a 40.
Le topo: deux quadras bloqués à l'âge du CM1, fans de Chewbacca, s'occupant à regarder des films de Steven Seagal ou à jouer au karaté avec des melons dans le garage de papa, se trouvent confronter aux dures réalités de la vie lorsque leur parent respectif (remariage) les obligent à s'émanciper, trouver un job, une femme, une voiture, un labrador.
Film à voir en dernier, puisque la morale est beaucoup plus subtile que la scène où ils se font tabasser par les gamins de l'école voisine. Oui, on considère les Fanboys comme des attardés, puisqu'ils ne sont capables de s'intéresser qu'à une seule chose. Beaucoup ont travaillé là-dessus, sur la durée de vie d'un geek ou bien ses capacités à s'adapter à la société. Mais "Step Brothers" nous apprend que oui, le Geek a un avenir, qu'il peut même (parfois) se reproduire, s'insérer dans le monde des gens normaux tout en gardant une passion sans nom pour la coupe de cheveux de Leia, l'épée d'Aragorn, ou bien le premier LP de Cat Stevens.
Vendredi, 20h45
Pas
de film, car finalement un film, c'est pas la réalité.
Alors direction Pékin Express, et merci Stéphane Rotenberg de nous montrer qu'on est bien tranquilles dans notre petit canapé, à se foutre de la gueule de nos pauvres compatriotes qui galèrent à traverser une bonne partie de l'Asie.
Ha oui, aussi, que de beaux paysages!
Verdict dimanche soir, sans Edouard Baer, sans Sharon Stone, mais avec quand même de l'amour, de la bière tiède et de la fanattitude.