Mardi 26 mai 2009
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17:37
Ce qu'il y a de bien avec la real-tv française, c'est sa médiocrité.
Cela peut paraître paradoxal, mais effectivement ce qui fait que j'aime regarder les émissions de real-tv françaises, c'est qu'en éteignant le poste, je me sens très intelligent. En regardant
quatre nunuches blondes en mini-short pleurer car elles ne parviennent pas à ouvrir une boîte de tomates pelées, je me sens soudainement supérieur. Je m'imagine intervenir entre ces quatre
Britney Spears, et d'un geste sauveur ouvrir leur foutue conserve. Elles me sauteraient alors au cou, se pâmeraient en piaillant leur fameux "Mais comment t'as fait?", et je me sentirais
bien. Pour les épater davantage, j' ouvrirais aussi une bouteille de vin avec un vrai tire-bouchon. Succès Garanti.
Mais cette
année, il y a une émission qui me résiste: La Nouvelle Star.
Durant 60% de l'émission je me régale à me moquer du blond péroxydé mi-Kajagoogoo mi-Indochine, qui se trémousse comme s'il avait un hérisson dans le slibard. Bon, d'accord, il chante bien. Bon,
sûrement, il a eu une enfance difficile, et il a trouvé refuge dans les albums engagés de Mylène Farmer. Bon, certainement, cet androïde entretient une relation tumultueuse avec Jean-Jacques, le
coiffeur officiel de la Nouvelle Star. Bref, grâce à toutes ses bonnes raisons, je passe environ 2h30 à rire, et rien que pour cela, je le remercie. C'est ça qui est bien avec la real-tv: on peut
se moquer sans faire de mal.
Comme le
propre de la télé est de nous faire vivre et revivre toutes les émotions, après le rire et la joie, viennent la haine et la haine. Pendant 20% de l'émission, j'aime donc détester celui qui joue
le rôle du super-rebelle-qui-n'a peur-de-rien. Comme si boire de la bière tiède était synonyme de rébellion. Comme si se maquiller les yeux à la suie était un signe de contestation. Comme si
allumer une clope sur scène était le paroxysme de la provoc'. Non non non, décidément, non. C'est ça qui est bien aussi avec la real-tv, un peu comme dans une course de chevaux: on a nos favoris
et ceux qu'on déteste. Pas besoin de se justifier, on les aime pas et pis c'est tout.
Je
consacre 10% de l'émission à faire ce que j'ai à faire: la vaisselle, le ménage, préparer quelques trucs pour le lendemain. Je ne me souviens plus du nom de la candidate qui me permet de faire
tout ça, mais merci à elle. Encore une fois, c'est ce qu'il y a de bien avec la real-tv: sa médiocrité rend vos occupations de tous les jours bien plus intéressantes.
Puis il y a les 10 autres pourcents.
Ceux qui font que malgré 90% de médiocrité, cette émission est quand même magique.
Ahhh, Camélia-Jordana... J'ai gravé ton nom dans le sable.
Chaque mardi, je lance une colombe dans le ciel pour qu'elle puisse venir roucouler sous la fenêtre de la chambre d'hôtel dans laquelle tu es enfermée depuis bien trop longtemps.
Ahhh, Camélia-Jordana... Si la distance pouvait se régler en kilomètres d'amour, alors elle ne serait plus un obstacle.
Mais tu es si jeune, Camélia-Jordana, que je ne puis m'abandonner et me laisser
envahir par ce tsunami de joie. Pour pouvoir naviguer sur l'océan tempétueux de l'amour interdit, il faut avoir son permis poids-lourd. Mais tu n'as même pas ton permis-voiture.
Oui, je sais, le monde est injuste, et Juliette n'avait que 14 ans quand elle a rencontré son Roméo. Mais il faut accepter nos destinées, et attendre que tu obtiennes le droit de sortir en boîte
pour que l'on puisse surfer ensemble de nuage en nuage.
Ahh, Camélia-Jordana, je suis moi-même tiraillé et incapable de mettre des mots sur les émotions nouvelles que je ressens. Oui, je voudrais que tu soies récompensée et gagnes la Nouvelle Star.
Mais en même temps, mon égoïsme masculin me force à espérer que tu sortes le plus vite possible de cette chambre d'hôtel, où tu vis recluse entre un pin's parlant mèché et une boîte-à-meuh
rebelle...
Ce qui est nul avec la real-tv, c'est que, comme dans la vraie vie, on n'évite pas les peines de coeur.
Par Nico
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Publié dans : Enfant de la Télé
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