Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /Mai /2009 15:00
     Depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, le monde de l'information n'a cessé d'évoluer. De jour en jour, d'année en année, les journalistes ont trouvé de nouveaux moyens d'informer et d'être informé le plus rapidement possible. D'où Internet, d'où l'AFP, d'où Closer. Ce qui est étonnant, c'est que maintenant, les informations les plus importantes ne sont pas celles qui nous sont le plus communiquées. On peut se poser la question: pourquoi donc? Comment se fait-il qu'à quelques jours du scrutin européen, on préfère s'intéresser au nouveau nez de Michael Jackson? Eléments de réponse.


Oui, l'actualité française et européenne est trustée, monopolisée par un seul et même évènement. En effet, un spectacle musical sans précédent dans l'histoire de la musique française a annoncé son arrivée prochaine en France.
 Pour nous français, amateurs de bonne musique chatoyante et primesautière, fanatiques de chanteurs charismatiques aux univers personnels mais ouverts au dialogue et à la partouze sentimentale, cet évènement est rempli de promesses de joie, de bonheur et de jouissance culturelle.


Force est de constater que depuis Balavoine & Starmania, pas grand chose à se mettre sous l'oreille.
On se souvient tous du terrorisme auditif de Cocciante & co et de son "Notre-Dame de Paris" (1998 n'aura pas été une si bonne année pour les français). Cette abomination larmoyante avait lâché une horde de troubadours dont la Musique se serait largement passée: Garou (Rhââââ!), Pelletier (Bîîîî!), Patrick Fiori (Beuuuuurk), Hélène Ségara (pas toi Hélène, non, tu ne méritais pas ça).


Cela peut paraître superficiel comme ça, mais le succès de "Notre-Dame de Paris" façon "Bêêêllllleee" avait à l'époque réveillé l'ambition des compositeurs, qui ont vu dans la comédie musicale une façon ludique et pertinente de réintéresser le monde à l'Histoire. C'est bien connu, plus personne ne lit, mais au moins tout le monde a des occupations à la con: écouter des comédie musicales en fait partie. Qu'avons-nous eu, en vrac: "Roméo & Juliette", "Les Dix Commandements", "Cléopâtre", "Le Roi Soleil", et bientôt "Mozart".
Si les livrets de ces compositions ne sont pas d'une grande profondeur culturelle, on a mis le paquet sur le pédagogique (belles chanteuses, seins nus et chorégraphies Kamel Oualesques).


Parmi tous ces compositeurs français férus d'histoire culturelle et sociale, on en oublie souvent un: Henri Belolo.
Nous en arrivons donc là: c'est grâce à Henri Belolo que peut avoir lieu dans peu de temps l'évènement planétaire dont je parlais plus haut.

Henri Belolo, c'est l'inventeur français (oui oui) des Village People, qui fêtent leur retour sur scène grâce au RTL Disco Show 2009, pour la première fois en France.


Que celui qui n'a jamais écouté les Village People me paie la première bière.
 A la manière d'un véritable drame social, les Village People nous ont montré comment les différentes couches sociales interagissaient et oeuvraient ensemble à l'unisson.
Regardons de plus prés: on a le fonctionnaire de l'Etat (le policier et sa belle matraque), l'ouvrier (et son gros marteau), le magnat du pétrole (le cowboy et son énorme geyser), le rebelle-anar (le motard et ses jolies colliers de chaînes), et même une minorité ethnique (l'indien et son tomawak de guerre).



Toutes ces personnes, que  cinq siècles de lutte des classes ont finalement séparées, se retrouvent unies grâce aux Village People, dans l'amour du chant en choeur et de la moustache-guidon-de-vélo, au service de chansons engageantes et engagées ("In the Navy", "Go West" , "Sex Over The Phone" et j'en passe).
Au-delà de l'électricité virile et inquiétante qui doit se dégager d'un concert des Village People, le spectateur sera intellectuellement exité par toute la dimension sociale se cachant sous le string de ces nouveaux garçons dans le vent.


On vient nous prendre la tête sur "Les Etats Unis d'Europe", sur le "vivre ensemble", alors qu'un simple concert des Village People, dont le langage corporel est universel, suffirait à nous faire prendre conscience que la tolérance et l'entraide sont à portée de chacun.

Et puis si ça marche pas, on peut toujours se laisser pousser la moustache.


Par Nico - Publié dans : Le blog qui dit tout sur rien
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