Samedi 30 mai 2009 6 30 /05 /Mai /2009 15:11
      Décidément, le samedi est un jour très spécial. Le samedi, comme nous l'avions déjà remarqué la semaine dernière, regorge de possibilités susceptibles de nous rendre le slip moite. Le samedi est une sorte de faille spatio-temporelle dans laquelle se seraient engouffrées toutes les aventures possibles qui ne nous arrivent jamais en semaine. Un peu comme dans Lost.
Aujourd'hui samedi, l'aventure a enfin tapé à ma porte.
Aujourd'hui samedi, c'est la journée-laverie.


En même temps, ça fait trois semaines que je prépare cette mission, pour me donner les moyens de la vivre le plus intensément possible. Je veux qu'elle soit le plus proche de la réalité d'une vraie aventure: sale, longue, éprouvante. Quand on vit une aventure, il faut la vivre à fond. Indiana Jones serait fier de moi. Depuis trois semaines, je m'applique à changer de chaussettes deux fois par jour, et à manger systématiquement avec les doigts pour augmenter mon pourcentage de tâches par T-shirt.
En gros, depuis trois semaines, je remplis mon panier à linge sale, de telle sorte qu'en rentrant dans la salle de bains, si on ferme bien les yeux et qu'on ouvre son nez, on se croirait dans un vestiaire de l'armée.


     Ensuite, pour faire de cette aventure une lutte contre les évènements mais aussi contre moi-même, j'ai tâché de me mettre dans les pires conditions possibles pour l'accomplir. Un petit peu comme Indiana Jones, au début du " Temple Maudit", quand il se trouve obligé de prendre la fuite en costard blanc avec une chanteuse-tête-à-claques sur les bras. Comme je n'ai pas de costard ni de chanteuse à disposition, j'ai trouvé autre chose: la gueule de bois. Une journée de gueule de bois est une journée épuisante pour le corps humain: on est desséché, on a mal aux yeux, et plus que tout: on transpire comme un porc.  C'est normal, c'est parce que notre organisme lutte contre lui-même. C'est donc parfait pour mon aventure: je suis déjà un aventurier en lutte, souffrant à chaque fois que je dois m'accroupir pour remettre les scratchs de mes Reebok en place.


Il est donc 12h15, et je suis fin prêt: encore un peu bourré, pas lavé, suffocant sous le poids de la canicule, écrasé par trois sacs Ikéa de fringues dégueulasses. J'ai choisi d'y aller à midi, car comme ça je suis obligé de sauter le déjeuner: facteur difficulté supplémentaire. Un peu comme Indiana Jones, dans "Le Temple Maudit". Arrivé à la laverie, il m'a fallu trente minutes rien que pour mettre le linge dans les trois machines: pour la première fois de ma vie j'avais décidé de trier mon linge (blanc/couleur, super sale/ultra sale). Une aventure est censée nous faire évoluer, donc...


Comme généralement à la laverie, je retrouve mes compagnons d'infortune, aussi présents pour embarquer sur le bateau de l'improbable et de l'insolite.
Mon préféré, c'est Toan, il est là à chaque fois que je viens faire mes machines. C'est même un peu moi qui l'ai parrainé, lui expliquant pour la première fois comment fonctionnait le truc. Depuis, on s'est attaché l'un à l'autre. Un peu comme Indiana Jones et Demi-Lune, dans "Le Temple Maudit". Si j'oublie une chaussette dans la machine, ou bien 20 centimes dans la borne de paiement, je sais que je peux compter sur Toan pour veiller sur moi.


Toan a tout de suite compris que pour moi, cette journée laverie n'était pas une journée laverie comme les autres. Perspicace, il a remarqué mes trois sacs Ikéa et mon haleine de chacal/choucroute. Il a voulu m'aider à sortir mes sapes pour les mettre dans le sèche-linge mais je lui ai dit "Non, Toan, il faut que j'accomplisse seul cette partie du chemin. On se retrouve de l'autre côté". Un petit peu comme Indiana Jones, dans "Le Temple Maudit", à la fin, quand il boit le sang bizarre qui rend fou.

Encore une dizaine de minutes pour que mes trois sacs de fringues sèchent complétement. J'étais fier de moi, Toan aussi. Ma mission prenait fin, et il ne restait à Toan que 10 minutes avant la fin de sa machine à lui, tout allait bien en somme. Quand soudain, une panne de courant nous replongea dans l'inconnu, dans l'aventure. Tout s'est arrêté d'un coup, un peu comme si le Dieu de la Laverie avait relevé notre défi et nous envoyait en pleine gueule des poignées de poudre à récurer. Heureusement, aventurier des temps modernes, j'avais mon portable sur moi. J'ai donc pu d'un coup de fil sauver la machine de Toan et la fin de mon séchage.
 


     
        Cette aventure derrière moi, je décide de prendre enfin une douche et de retrouver une hygiène bucco-dentaire convenable. Je repense à mes sacs Ikéa, à la sueur dégoulinant le long de mes joues, à la coupure de courant, à Toan exaspéré. Je me dis que ça fera une belle histoire à raconter à mon fils, plus tard. Un peu comme dans "La Dernière Croisade".



Par Nico - Publié dans : Aventures low-cost
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés