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Tous les ans, il sort au cinéma des centaines et des centaines de films. Des films bien, d'autres moins bien, des navets, des films français, chinois,
australiens, etc. D'où la difficulté de tomber sur un bon film. Le côté "promo" d'un film entre alors en jeu: on braque souvent les projecteurs sur un film plutôt qu'un autre, ce qui a pour
mauvais effet de parfois nous faire rater de très bons films.
Hier soir, passait à la télé "Juno", l'histoire d'une jeune
ado enceinte qui décide de garder son bébé. Un très bon film, bien joué, bien filmé, avec une bande originiale de premier ordre. L'occasion de retrouver Jason Bateman, qu'un super pote
m'avait fait découvrir à travers la série (trop vite arrêtée) "Arrested Development". Après quelques recherches sur Allociné, j'ai vu qu'il partageait dernièrement l'affiche avec un autre acteur
de série terrible, Zach Braff, qui interprète JD dans le cultissime "Scrubs" (saison 8 en cours aux States). Ce qui est bien avec le cinéma, c'est tous les réseaux sous-terrains qui relient un
film à un autre.
Je me suis donc intéressé hier
soir au cas Zach Braff en tant qu'acteur de cinéma, et ce fut l'occasion pour moi de regarder son premier film en tant qu'acteur/réalisateur, sorti en 2005, "Garden State", le film de la semaine.
Je me demandais bien ce que pouvait donner JD sans sa blouse bleue et ses délires cartoonesques. Très autobiographique, "Garden State" raconte l'histoire d'un modeste acteur de série-télé qui
rentre dans son patelin d'enfance pendant quelques jours (cause: décès de la maman).
Sur le papier, scénario et morale
classiques: c'est en revenant aux sources de son enfance que le héros parvient à surmonter ses vieilles frustrations. Il revoit un par un tous ses anciens amis du village, et se rend compte qu'il
a évolué différemment, et ne se sent donc plus "chez lui" dans son bon vieux New Jersey. Généralement, on connaît bien ce genre de film: pseudo-film d'auteur, essayant de tirer la larme à chaque
fois que le héros semble avancer difficilement dans la grisaille pavillonaire d'une banlieue new-yorkaise.
Mais se dégage de "Garden State" tout autre
chose, une sentimentalité rêveuse qui empêche le film de plonger tête la première dans le soap. Et c'est là que l'on retrouve le JD que l'on connaît. Au lieu d'avoir une galerie de personnages
fades servant uniquement de faire-valoir, on a toute une petite tribu d'anciens potes du lycée tous plus fous les uns que les autres: l'un a fait fortune en inventant le premier velcro muet
(fallait le faire), l'autre habite toujours chez maman et tape des bangs à longueur de journée, avant de partir bosser comme fossoyeur au cimetiere du village.
Ce qu'il manque donc là, c'est THE love-story. C'est le plus
important dans ce genre de film, et c'est à ce moment que beaucoup tombent dans de la mièvrerie rose-bonbon. Parce que oui, le héros va faire une rencontre, que tous les gars de la terre aimerait
faire: rencontrer Nathalie Portman, parfaite dans son rôle de fille complètement déjantée dont on ne peut pas s'empêcher de tomber amoureux, tant elle est spontanée et que son sourire vous cloue
au sol.