Mercredi 10 juin 2009
3
10
/06
/Juin
/2009
13:33
Comme nous l'avons vu la semaine dernière, le principe de la chanson à hurler est d'extérioriser les fureurs dues au temps passé et perdu dans les bouchons sur
le périph'. La semaine dernière, nous avions donc étudié comment Jean-Luc Lahaye parvenait à nous calmer en nous faisant
hurler ses paroles d'amour de la femme.
Cette semaine, les 45 min passées dans bouchons sur le périph' m'ont permis d'exploiter une nouvelle facette de la chanson à hurler: la liberté du confinement. Yo.
Non seulement dans les bouchons la plus grande frustration est de s'énerver sur le pauvre petit
papi en Peugeot 403 qui n'a toujours pas trouvé le clignotant, mais il existe et surtout le fait que dans les bouchons, on est ni plus ni moins qu'enfermé entre quatre plaques de métal.
Encagé dans ma pauvre Ford Ka sous un soleil de plomb quelque part entre l'autoroute et la Cépière, je me sens tout triste, je me dis que l'été est encore loin, que la plage est encore plus loin,
en comparaison avec la proximité du pot d'échappement du papi en 403 qui me crache son diesel dans les naseaux.
Heureusement, il y eut la chanson à hurler de la semaine.
"Tout nu yo" est une chanson du dernier album des Svinkels, Dirty Centre, paru l'an dernier. Nous reviendrons ultérieurement sur le culte que je voue à ce groupe de Rap'colique (ou
Slip-Hop), tant il y aurait des choses à dire.
Chanson au titre évocateur, "Tout nu yo" transforme votre petite Ford Ka en arche de Noé voguant sur les lames infinies de la nudité festive d'été.
Parcours fléché. Yo.
1) Attention, l'intro de la chanson peut déstabiliser, du fait de l'accent de trav' brésilien du
seigneur Baste au micro. Ce n'est qu'à partir de la troisième écoute que l'on peut enfin s'approprier le "enlève ton culotte".
2) Grande force de ce morceau: la basse de Docteur Vince (auvergnat trapu Grand Master Flash du n'importe quoi), qui doit vous faire onduler dès les premières minutes.
Après ces deux petites remarques, une petite conclusion: les trente premières secondes de la chanson sont là pour vous faire onduler comme un ver de terre, comme un dauphin derrière un ferry,
avant de vous plonger dans l'onirisme des paroles.
3) Après les trente premières secondes, donc, le super refrain, "Tout nu, yo!".
L'essentiel à hurler est là, en essayant d'augmenter l'intensité du hurlement sur les "Yo", qui ponctuent les trois premiers vers du refrain. Donc si les "Yo" sont hurlables avec peu
d'entraînement, votre chanson à hurler aura encore plus de pêche sur vous parvenez à bien hurler le refrain entier.
4) Comme toutes les chansons à hurler, plus la pratique avance, plus ce sont les petits détails de hurlage qui font la différence. L'essentiel de cette chanson-là est dans le système de
voix qui se répondent, vers le milieu du morceau, qu'il est indispensable de savoir bien hurler: "Y'a rien d'anormal/Y'a rien d'immoral", ou encore "Nuit du vice/Nuit sévice", pour finir sur un
langoureux "ritmo de la noche".
Si les paroles enchanteuses de "Tout nu yo!" permettent de
hurler dans les bouchons votre amour transgressif pour la nudité (effet cathartique du Cri Nu Yo!), l'aspect musical (plutôt absent de la chanson de Lahaye) vous aide à deux choses:
a) vous imaginer sur une plage de gens tout nus, dansant du smurf un cocktail à la main, un peu comme dans une fête hippie,
b)mais aussi maintenir votre corps en activité pendant les longues minutes de léthargie que l'on traverse dans les bouchons sur le périph'.
Le bonheur procuré par cette chanson est communicatif, et il y
a fort à parier que, subjugués par votre ondulation souriante dans la voiture, les autres automobilistes ne soient pris de la folle envie de se déshabiller.
L'expérience est magique, tout le monde descend de voiture, vous montez le son du poste, tout le monde enlève son T-shirt trempé de sueur de voiture, et la vie dans les bouchons n'est plus
qu'une grande fête où tout le monde se met tout nu. Yo.
Par Nico
-
Publié dans : La chanson à hurler
0