Mercredi 17 juin 2009
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Le cinéma français est
un cinéma difficile à aborder. Pas très doué pour les films d'action, pitoyable pour les films d'horreur, le cinéma français s'en sort tout de même pas trop mal avec les films d'amour. Bien
entendu, le modèle américain n'est pas loin, mais saluons tout de même les quelques réussites françaises.
D'un autre côté, le cinéma français excelle dans un genre peu médiatisé: le cinéma pour les intellos.
Pour le film de la semaine, j'ai choisi un vieux
film, histoire de surprendre un peu.
Le Genou de Claire est un film sorti au début des années 70, réalisé par Eric Rohmer, "auteur français par excellence" selon les Cahiers du Cinéma, réalisateur de la série des
Contes Moraux dont Le Genou fait partie.
Le film raconte l'histoire de Jérôme (Brialy), une sorte d'ambassadeur super cultivé de 35 ans, qui vient passer l'été chez une copine à lui sur les bords du lac d'Annecy (super coin, en
passant). Là-bas, il se fait forcément draguer par une jeune lycéenne en quête de frissons, mais c'est plutôt sur sa copine, la petite Claire et ses genoux, que Jérôme va fantasmer.
Bon, bien entendu, c'est un film très bavard, comme tous les films
d'intellos.
Le Jérôme ne cesse de se monter le bourichon sur cette petite Claire, à en devenir parfois ridicule (il faut bien le dire). Il prétend au fur et à mesure du film qu'en touchant simplement le
genou de Claire, il se l'appropriera. Claire devient une oeuvre d'art qu'il faut effleurer. Peu importe la victoire finale, ce qui compte sont toutes les stratégies mises en place pour y arriver,
style Marivaux.
Il rentre dans le jeu bizarre d'un genre de fétichisme d'intellos, en quelques sortes. Claire semble donc lui échapper tout le long du film, et Jérôme a l'air de s'enterrer de plus en plus dans
son fétichisme éclairé, jusqu'au moment où il effleure le genou de Claire. Fin du film.
Ce film vaut bien sûr par cette espèce de bloquage sur ce que peut représenter pour nous -les-gars la plus petite partie du corps féminin. Chez toutes les filles que nous croisons,
nous-les-gars, il y a forcément un truc qui nous fait
bloquer. Quand une fille nous plaît, on rêve d'abord de caresser ses cheveux, ou bien d'embrasser son cou, ou bien tout simplement de lui tenir la main, même d'effleurer son genou. Ce sont ces
petits détails, remplis de mystères, qui nous font rêver, nous-les-gars. Et Toc.
On dit souvent que nous-les-gars, "on ne pense qu'à ça", que nous sommes dénués de tout sens de la sensibilité. C'est faux, et c'est ce que Le Genou de Claire nous invite à
observer.
Nous-les-gars, ce qui nous plaît chez vous-les-filles, c'est tous ces petits trucs inexplicablement mystérieux. Un cheveu, une faussette, une main, un genou, un cou, voilà ce qui nous fait
réellement rêver. Toutes ces choses que l'on voit, mais qu'on ne peut pas toucher, qui nous restent inaccessibles. Na.
Vous le savez bien, et nous récompensez par un sourire ou un haussement d'épaules, c'est déjà ça de gagné.
Par Nico
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Publié dans : Le film de la semaine
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