Mercredi 15 juillet 2009 3 15 /07 /Juil /2009 10:13

      Comme nous le montre bien Indiana Jones dans toutes ses aventures, l'aventure est toujours à portée de la main. Ce n'est pas parce qu'on est loin d'un temple hindou, qu'on n'est pas pourchassé par des nazis ou que la seule arche que vous connaissez est l'entrée de la fac qu'il ne peut rien arriver de fou, d'aventureux, que dis-je, d'extraordinaire.
 En cherchant bien, non loin de chez vous se trouve forcément un Aqualand ou un Aquasplash.

Surfin' USA.



Hier donc, c'était journée Aqualand. Pour plus de difficulté, on a choisi un jour férié de plein été (il n'y en a que deux: le 14 juillet et le 15 août, il s'agit d'être vigilant). En effet, tous les jours de l'été, et les jours fériés en particulier, les touristes envahissent littéralement toutes les stations balnéaires du Sud, et adorent faire un tour à l'Aqualand plutôt que d'aller plonger les pieds dans le sable (allez comprendre).
Pour passer incognito et se fondre dans la masse, nous avions tout prévu: bob, banane autour du ventre, t-shirt Je me tartine tous les matins de Saint-Nectaire, et le plus important, chaussettes Adidas dans les Tongs vertes.



    Se promener dans les allées d'Aqualand a tout de l'expédition. Comme ils sont perdus, les touristes errent sans but dans le parc, vous bousculent, ou pire restent plantés comme des cons à attendre la lumière divine qui leur indiquera quelle direction prendre. Tout le monde est mouillé, collant, et l'odeur du chlore mêlée à celle de la transpiration touristique est une réelle épreuve. Qu'à cela ne tienne, "Indiana Jones en a connu de pires", me dis-je.



Comme Indy dans toutes ses aventures, il faut tout d'abord passer un certain temps à la buvette. C'est la phase d'observation, la plus importante.
Il faut être à l'écoute, saisir les différents accents, et surtout deviner quelles attractions valent le coup, quelles attractions sont pourries, et dans quel toboggan un gamin a (encore) vomi.
Sirotant un Tequila Sunrise sans Tequila (y'a des enfants, voyons), je ré-ajuste mes Ray-Bans et roule les manches de mon t-shirt, comme Tom Cruise dans Top Gun. J'étudie, je décrypte.

 

     Apparemment, le toboggan qui vaut le coup s'appelle L'Anaconda. Drôle de nom, ça me rappelle la lutte sans merci entre Indy et un gros serpent de ce type dans Le Royaume de Crystal. Nous décidons d'y aller, car nous avons cru comprendre qu'il n'y a pas de queue. Le toboggan est super long, soit, mais il a la particularité d'être tout noir, ce qui fait qu'une fois à l'intérieur, on doit avoir l'impression crados d'être en train de surfer dans un intestin grêle. C'est parfait.

       Pour malmener un peu plus nos corps d'aventuriers, nous décidons de plonger la tête la première, ce qui a pour avantage d'accroître nos chances de nous péter les vertèbres. Seulement au bout de quelques virages, nous heurtons un gros truc tout mou qui semble obstruer le toboggan. En tâtant un peu, nous nous apercevons très vite qu'il s'agit d'un petit hollandais tout gros. D'après nos observations, ce petit hollandais en moule-bite et son corps tout en graisse a subi l'effet-ventouse. Nous sommes quatre coincés dans ce toboggan noir, personne ne peut nous voir, personne ne nous entend crier. Que faire?



Sans paniquer, nous commençons donc à triturer notre petit hollandais, afin de trouver l'appel d'air qui le décoincera et nous délivrera. Comme nous ne parlons pas la langue, nous n'avons aucun état d'âme à le malmener pendant qu'il semble nous insulter ou nous indiquer qu'il a mal. Qu'à cela ne tienne, au bout de trente minutes à ma Scuba-Swatch, l'appel d'air se crée, et, comme aspirés dans un trou d'air, nous dévalons tous les quatre le toboggan, dans un mélange d'hurlements et de maîtrise.



     En bas nous attendait Bjorn, le papa du petit hollandais, qui commençait à s'inquiéter de ne pas voir revenir sa tendre et molle progéniture.
     Il nous remercia en nous serrant très très fort entre ses bras musclés, nous claquant sur les coups de soleil. Le petit hollandais, lui, semblait traumatisé de s'être fait tripoter dans le noir par des français en manque d'aventure.

 
      Bras dessus, bras dessous, nous sommes repartis d'Aqualand avec des histoires plein la tête, nous remémorant les longues minutes passées dans les entrailles de l'Anaconda.
 On s'en souviendra longtemps (notre petit hollandais aussi).


Comme dirait Banga, "En avant l'aventure".



Par Nico - Publié dans : Aventures low-cost
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