Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 11:46

        Nous disions hier que la vie était une jungle, et qu'il était bien impossible de déceler toutes les espèces vivantes qui la peuplent. Heureusement, amoureux de la nature et fin connaisseur des moeurs humaines, l'Homme du monde d'aujourd'hui est doté d'un sens de l'observation et de l'analyse très développé.
      Comme l'été tous les écosystèmes sont bouleversés par les températures en hausse et les migrations vacancières, il est nécessaire de faire un point sur le remaniement des espèces humaines.

Alors on remet son chapeau, on empoigne à nouveau sa machette sociologique, on s'enduit encore une fois de Nivea Sun Spray indice 40...




Leçon 5: s'approcher du merlu-zebré

   On trouve le merlu-zebré échoué sur des serviettes en éponge au bord des plages. Le mode de transport du merlu-zebré est bien entendu la Peugeot décapotable, qu'il conduit souvent pendant des milliers de kilomètres avant de s'établir sur une plage ensoleillée du sud de la France.
    On reconnaît le merlu-zebré du simple merlu par son bronzage. Remarquez le bras rouge: c'est le bras qui repose sur le rebord de la fenêtre pendant les longs trajets sous le soleil de plomb.
Notez la bande blanche qui barre son torse houblonneux: c'est la marque de la ceinture de sécurité. Gardez en tête que le merlu-zebré a compris mieux que tout le monde qu'en voiture, on bronze aussi (et les filles aiment ça). Ici, avec un peu de perspicacité, on reconnaît le merlu-zebré anglais. 





Leçon 6: rire du poisson-pilote

     Le poisson-pilote se regroupe généralement par cinq ou six individus, âgés de quinze à vingt-deux ans, en moyenne.
      Pour observer le poisson-pilote, il suffit de repérer une magnifique raie sauvage, reconnaissable à son bikini ultra moulant et à sa poitrine généreuse. Attirés par l'odeur hormonale de la femelle abandonnée sur le rivage, le poisson-pilote et son groupe s'approchent doucement pour mieux l'entourer. Frétillant et rigolant un peu gras, tous les poissons-pilotes entameront un à un une danse de la fertilité destinée à impressionner l'élégante raie sauvage. Bien entendu, peu sont ceux qui réussissent, d'où l'amusement que procure toujours ce genre de scène de parade nuptiale.

       Généralement, lorsqu'une raie sauvage se trouve seule allongée sur le sable, un requin-marteau n'est jamais bien loin, et usera de sa puissance pour effrayer les poissons-pilotes.
C'est la loi du plus fort, du Darwin mêlé à du Rambo.







Leçon 7: ne pas humilier l'espadon-nain

    Espèce incontournable de la faune estivale, l'espadon-nain est très facilement reconnaissable. Laissant libre-cours à ses envies et à ses pulsions, la psychologie de l'espadon-nain est très simple à comprendre. N'ayant que peu souvent l'occasion de se voir entouré de raies sauvages ou de thons rouges ou blancs, l'espadon-nain se fait surprendre par un afflux sanguin destiné à manifester son état d'esprit et à impressioner les femelles poissons qui l'entourent. Bien entendu, comme ce n'est qu'un espadon-nain, ses chances de réussite sont minces, surtout si un requin-marteau traîne dans les parages.

 

 

 

 

 

Leçon 8: Attention aux vives-Pampers

     A cause de la chaleur, les premiers pas dans l'eau peuvent s'avérer douloureux. En effet, le bord de mer est peuplé de petits êtres avec des bobs sur la tête et de l'écran total sur la peau: ce sont des vives-Pampers.
     Vous repèrerez les vives-Pampers car elles sont toutes rassemblées autour d'une sculpture moche en sable mouillé. Si vous allez vous baigner, pensez à effectuer un petit saut afin de les éviter. Prononçant des mots incompréhensibles, les vives-Pampers sont souvent accompagnées d'un poisson-chat et d'un thon rouge chargés de les surveiller. Encore une fois, c'est la loi du plus fort: il faut être très vigilant, car un requin-marteau affamé aura tôt fait de les avaler pour impressioner une raie sauvage.



En conclusion:

     Vivre l'été est un sport de combat. Toujours aux aguets et les pupilles en éveil, il faut pouvoir reconnaître en un quart de seconde l'espèce à laquelle vous avez affaire. Si le poisson-chat et le thon restent des espèces ne s'attaquant pas à l'Homme du monde, prenez garde de ne pas vous approcher trop près d'un espadon-nain, d'une raie sauvage ou d'un requin-marteau, car la Nature reprendra rapidement ses droits.



 Courage et n'oubliez pas: "pour l'Homme du monde, survivre est un passe-temps".




Par Nico et Louis - Publié dans : La vie: Mode d'emploi
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