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Le dimanche à Paris, quand il fait beau, on sort de chez soi. On est bien obligé, dans un sens, puisque les dimanches au soleil sont plutôt rares, avouons-le.
Généralement, j'aime occuper mon dimanche à me trouver de fausses occupations: faire le ménage, le repassage, le rangeage, le mangeage et le dormage. Généralement, je mets mon habit de lumière en
pilou-pilou, et attends tranquillement que les heures défilent en regardant des conneries à la télé. Mais bon, pas pour aujourd'hui, hélas. Alors on prend son jean et ses baskets, et on se bouge
les fesses pour essayer de voir à quoi ça ressemble, Paris, quand on voit le ciel bleu.
A Paris quand il fait beau, on fait tout à pied, forcément, pourquoi aller se serrer dans un métro qui schlingue alors qu'on peut profiter des odeurs des pots
d'échappement. Grosse nouveauté, désormais, dans les rues de Paris, vous pourrez trouver çà et là des panneaux vous indiquant combien de temps il vous faudra marcher pour vous rendre aux nombreux
sites touristiques de la capitale. Pratique mais frustrant, car si on lit entre les lignes, on lit clairement: "Ici, vous êtes nulle part".
Bref, c'est une fois ce petit jeu de piste terminé, que je me suis rendu compte d'une petite chose: c'est les soldes. Oui, les soldes ne dorment jamais, y'en a même le
dimanche. Je ne vais pas m'étendre sur les éternelles considérations sur le "ce qui me plaît n'est jamais en soldes", ou bien "pendant les soldes, les gens deviennent des animaux et se battent
pour un t-shirt", ça a été fait et refait des milliers de fois.
Non, ce qui m'a le plus interpelé, lors de cette promenade en ville, c'est de voir à quel point il y avait des boutiques qui, en revanche, ne risquaient pas d'attirer beaucoup de clients. Panel non exhaustif.
Ca commence dans ma rue, parce que dans ma rue, il s'en passe et il s'en voit, des choses bizarres. La première question qui m'a traversé l'esprit en voyant cette
boutique, c'est "Mais pourquoi?".
J'imagine alors la cliente sortir avec sa coupe à la Anne Franck, comme sur la couverture du bouquin, t'as vu? c'est pas mal, hein, c'est Anne Franck qui fait ça. Capillaire et littéraire ne font pas bon ménage.
Mention spéciale pour ce sex-shop, à deux pas de la gare de l'Est. Mention spéciale parce que, on ne le voit pas, la boutique est située entre un magasin de maroquinerie
et un hôtel. Incognito, à priori. D'où, j'imagine, les néons flashys.
Les sex shop ont ceci de fascinant: on ne voudra pas nous y voir entrer, mais tout est fait pour nous y attirer (qui résisterait à l'idée d'une cabine climatisée? je vous le demande). Alors bon, les commerçants rivalisent d'ingénuosité: placer un sex shop ni vu, ni connu entre deux boutiques lambdas est un tour de force. Et à l'intérieur, les soldes sont intéressantes, en plus.
Pour ce coup-ci, c'est certaiment de l'ignorance de ma part. Peut-être que les bijoux Burma sont réputés dans le monde entier (ce qui
expliquerait leur présence place Vendôme), peut-être qu'Angelina Jolie met des bijoux Burma, j'en sais rien.
Toujours est-il que quand même, je me demande si Guy Marchand y a des actions, et si on vous offre un chapeau à la caisse.
Je terminerai là-dessus, parce que ça fait longtemps que ça me titille: comment se fait-il que pour attirer les clients, les kiosquiers mettent toujours les revues
pornos en devanture?
A vrai dire, même si on s'approche pour regarder un peu la vitrine en attendant que le feu passe au vert, peu
font vraiment la démarche d'aller voir le kiosquier, bonjour, je voudrais Libé, trois "Morpion" et le Chobix de janvier, s'il vous plaît, la couverture me plaît bien et je verrais bien le poster
géant sur la porte de mes chiottes.
Bref, je tenais juste à rendre hommage à ces Don Quichotte du business, grâce à qui on finit tous chez H&M ou à la Fnac.