Lundi 4 janvier 2010
1
04
/01
/Jan
/2010
17:57
Comme nous ne cessons de le répéter ici, nous vivons dans un monde de nouveauté. Evolution oblige, on invente tous les jours de nouveaux petits trucs sensés nous
faciliter la vie et nous faire encore plus kiffer la vibe sur la vague du confort. Alors on est tous comme des fous dès qu'une nouvelle bagnole révolutionnaire sort, qu'un nouveau jeu vidéo ou un
film est produit, enfin bref: dès qu'un truc est nouveau, il devient euphorisant donc indispensable. Après tout, c'est assez logique, puisque si le besoin de nouveauté n'existait pas, on serait
encore à s'envoyer des signaux de fumée ou bien à se lever à 4h du mat' pour aller chasser.
Le dernier super exemple de nouveauté en
date, c'est bien entendu Avatar en 3D. Rien qu'en faisant la queue devant le guichet, on vibre déjà à l'idée de pouvoir enfin tester ces fameuses lunettes 3D dont on nous rabat les
oreilles depuis un petit moment déjà. Et à juste titre, puisqu'effectivement, c'est une réelle expérience. Dans la salle, on est tous comme des enfants avec un nouveau jouet, à faire les cons ou
à prendre des poses débiles avec nos supers-lunettes-3D-qui-tuent. Qui sait, peut-être que dans quelques années, tout ça sera has-been parce qu'on aura inventé le cinéma-total, en odorama, avec
des arroseurs automatiques pour les scènes de pluie, mais pour l'instant on s'en fout pas mal. La nouveauté, c'est magique.
Bien heureusement, cette joie de la nouveauté ne concerne pas
seulement tout ce qui peut être produit (jeux, électro-ménager, automobile, etc). Ce serait trop triste si nous n'étions que des êtres faits de pulsions et d'envies, éternellement insatisfaits et
toujours blasés d'être à peine tendance qu'on est déjà has-been.
Oui, qui ne se souvient pas de sa première cuite, de sa première cigarette, de sa première fois au lit, de sa première bagarre ou de sa première blanquette?
La nouveauté, au-delà de l'évènement ou de la joie de découvrir un nouveau jouet, c'est avant tout une expérience (comme pour Avatar). Et comme tout le monde le sait, ce sont les
expériences qui forment une personnalité, une vie, et blablabla, et blablabli.
C'est donc un besoin insatiable d'expériences qui
nous pousse sans cesse à trouver de nouvelles choses pour nous épater. Il en va de même pour la nouvelle année. Sauf que le seul changement qu'il s'opère, c'est que le calendrier change. Plutôt
simpliste, la nouveauté. Comme si entre le 31 décembre et le 1er janvier, notre vie allait changer, qu'on allait gagner à l'Euromillion ou quelque chose du genre.
Mais cela ne nous empêche pas de nous souhaiter une "bonne année", avec de la santé, du bonheur, de la thune, de la réussite, bref: que du rêve, que de l'impossible.
C'est à se demander si ce truc de "voeux de nouvelle année" n'est pas plus une tradition qu'autre chose. Avec le temps et l'expérience (justement), on a tous appris que rien ne changeait
fondamentalement en quelques heures. A moins que quinze bombes atomiques ne nous tombent sur la gueule le soir du réveillon, je ne vois pas comment ça pourrait arriver (mais je peux me
tromper).
Pas facile, pas facile, ces débuts d'année, quand, tiraillé entre notre coeur qui nous dit "Yeah, on va écrire 2010 sur nos agendas" et notre tête qui nous répond "Et après?". Alors, en Homme du
monde pas dupe et à l'écoute des technologies nouvelles, j'ai choisi de vivre la nouveauté de façon plus significative.
Voilà: Guitar Hero va prendre la poussière quelques temps, puisque j'ai découvert DJ Hero, son petit frère. C'est nouveau, et ça aide à oublier que 2010, pour l'instant, ça
ressemble un peu beaucoup à 2009.
La nouveauté, ça sert aussi à consoler le spleen due à la nouveauté. CQFD
Par Nico
-
Publié dans : La vie: Mode d'emploi
-
0