Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 16:54
        Parfois, il faut bien accepter l'inévitable. Cela s'appelle: "se faire une raison". Et bizarrement, l'inévitable prend toujours son temps pour arriver. Un peu comme si le temps ralentissait pour que vous preniez encore plus conscience de ce qui vient. Par exemple, quand vous avez dit une connerie et que vous sentez la gifle arriver, tout se déroule au ralenti. Vous avez d'abord tout le temps de lire la rage et la fureur dans les yeux de l'offensé(e). Puis vous remarquez très tôt ce petit mouvement d'épaule qui signifie que quelque chose prend son élan. Ce quelque chose, vous le voyez très bien: c'est une main (ou un poing dans le pire des cas). A ce moment-là, vous savez très bien que vous allez prendre une peignée, et que vous ne pouvez rien y faire.

Voilà, félicitations, vous venez juste d'accepter l'inévitable.



        Demain, c'est la rentrée. Inévitable. C'est généralement la veille de la rentrée qu'on s'en rend compte et qu'on se dit que pfiou, j'aurais bien aimé une semaine de plus. D'ailleurs, vous ne comprenez pas pourquoi on rentre un jeudi. Enfin bref. A cet instant, un mercredi soir, vous avez l'impression que le temps ralentit, comme quand vous allez prendre une baigne. Votre sac est prêt, l'appart est cleané, tout est nickel. Vous n'avez plus qu'à attendre gentiement le réveil à 6h30 en jouant avec vos pieds. L'attente va paraître longue.



        Vous passez donc ces dernières heures de vacances comme vous le pouvez. Optimiste dans un premier temps, vous vous dîtes que toutes les bonnes choses ont une fin, et que ce break de dix jours vous a fait du bien. Mais vous finissez par vous dire que dix jours c'est bien, mais que vingt c'est encore mieux. Forcément. Alors comme tout ça arrive inévitablement, et que demain il faudra être à l'heure, vous vous entraînez à faire le chemin dans votre tête. Quand on sent qu'on va prendre une baffe, c'est le moment où on ferme les yeux et qu'on se dit "ce n'est qu'une gifle, ce n'est qu'une gifle, ce n'est qu'une gifle"...



      On n'y pense jamais quand ça arrive et pourtant ça va de paire: qui dit vacances, dit forcément rentrée. Tous les jours de vacances, il faudrait tenir une sorte de calendrier de l'avent spécial pour ne jamais oublier que les vacances ne durent pas et qu'inévitablement il y aura une rentrée dont la date est déjà arrêtée. Ce serait une façon de dompter ce côté fatidique. Quand vous allez prendre une baigne, c'est le moment où, quand vous avez les yeux fermés, vous comptez à l'envers. Une fois la baigne prise, vous pouvez alors être satisfait de "l'avoir vue venir".



       Demain, le métro va faire son grand come back dans ma vie. A moins d'un miracle, c'est aussi inévitable. Je vais retrouver avec bonheur mon petit sport du matin: prise d'élan pour entrer dans la rame et me coincer sous l'aisselle d'un grand costaud. Exercice répété deux fois: après le métro, c'est dans le RER qu'il faudra que je me faufile avec une difficulté supplémentaire: trouver à m'asseoir. Je suis prévenu, faudra pas que je prenne l'air étonné et dégoûté quand le métro entrera bondé dans la station.

   
    
       L'inévitable est une des choses les plus dures à accepter, parce qu'on se dit toujours qu'on tient le futur dans nos mains. Quand quelque chose arrive et qu'elle est de plus en plus près, il vient le moment où vous pensez y échapper. Quand on va prendre une baffe, on se dit toujours qu'on va peut-être l'éviter ou qu'on va mal vous viser. Quand la rentrée est imminente, c'est la même chose.
Qui sait? Demain, la RATP sera en grève. Peut-être que le collège sera fermé, ou alors que tous les élèves seront en grève. Demain, peut-être que vous gagnerez au loto. Il ne faut pas y penser trop longtemps of course, sinon vous risquez une désillusion encore plus forte demain matin. Mais en même temps, la moindre dose d'espoir est toujours bonne à prendre.






    Finalement, une veille de rentrée, on ne peut être que désabusé. Comme quand on prend une claque, on essaie de se rassurer en se disant que ça arrive à plein de gens. Après tout, alors que j'entrerai dans le RER de 7h45, peut-être qu'à l'autre bout du monde, quelqu'un se fera claquer les joues. Ce qui est certain, c'est que demain, des milliers d'élèves et de profs feront leur rentrée en même temps que moi. Ce qui est sûr, c'est que tous, avant de rentrer dans nos classes, nous fermerons les yeux en nous disant que le 19 décembre, c'est les vacances, le 19 décembre, c'est les vacances, le 19 décembre, c'est les vacances...

Par Nico - Publié dans : Le blog qui dit tout sur rien
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