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Parfois, il faut bien accepter l'inévitable. Cela s'appelle: "se faire une raison". Et bizarrement, l'inévitable prend toujours son temps pour
arriver. Un peu comme si le temps ralentissait pour que vous preniez encore plus conscience de ce qui vient. Par exemple, quand vous avez dit une connerie et que vous sentez la gifle arriver,
tout se déroule au ralenti. Vous avez d'abord tout le temps de lire la rage et la fureur dans les yeux de l'offensé(e). Puis vous remarquez très tôt ce petit mouvement d'épaule qui signifie que
quelque chose prend son élan. Ce quelque chose, vous le voyez très bien: c'est une main (ou un poing dans le pire des cas). A ce moment-là, vous savez très bien que vous allez prendre une
peignée, et que vous ne pouvez rien y faire.
Demain, c'est la rentrée. Inévitable. C'est généralement la veille de la rentrée qu'on s'en rend compte et qu'on se dit que pfiou, j'aurais bien aimé
une semaine de plus. D'ailleurs, vous ne comprenez pas pourquoi on rentre un jeudi. Enfin bref. A cet instant, un mercredi soir, vous avez l'impression que le temps ralentit, comme quand vous
allez prendre une baigne. Votre sac est prêt, l'appart est cleané, tout est nickel. Vous n'avez plus qu'à attendre gentiement le réveil à 6h30 en jouant avec vos pieds. L'attente va paraître
longue.
Vous passez donc ces dernières heures de vacances comme vous le pouvez. Optimiste dans un premier temps, vous vous dîtes que toutes les bonnes choses ont une fin, et que ce break
de dix jours vous a fait du bien. Mais vous finissez par vous dire que dix jours c'est bien, mais que vingt c'est encore mieux. Forcément. Alors comme tout ça arrive inévitablement, et que
demain il faudra être à l'heure, vous vous entraînez à faire le chemin dans votre tête. Quand on sent qu'on va prendre une baffe, c'est le moment où on ferme les yeux et qu'on se dit "ce n'est
qu'une gifle, ce n'est qu'une gifle, ce n'est qu'une gifle"...
On n'y pense jamais quand ça arrive et pourtant ça va de paire: qui dit vacances, dit forcément rentrée. Tous les jours de vacances, il faudrait tenir une
sorte de calendrier de l'avent spécial pour ne jamais oublier que les vacances ne durent pas et qu'inévitablement il y aura une rentrée dont la date est déjà arrêtée. Ce serait une façon de
dompter ce côté fatidique. Quand vous allez prendre une baigne, c'est le moment où, quand vous avez les yeux fermés, vous comptez à l'envers. Une fois la baigne prise, vous pouvez alors être
satisfait de "l'avoir vue venir".
Demain, le métro va faire son grand come back dans ma vie. A moins d'un miracle, c'est aussi inévitable. Je vais retrouver avec bonheur mon petit
sport du matin: prise d'élan pour entrer dans la rame et me coincer sous l'aisselle d'un grand costaud. Exercice répété deux fois: après le métro, c'est dans le RER qu'il faudra que je me
faufile avec une difficulté supplémentaire: trouver à m'asseoir. Je suis prévenu, faudra pas que je prenne l'air étonné et dégoûté quand le métro entrera bondé dans la station.