Partager l'article ! Congruence du jour pourri: Quand on dit que les jours se suivent et se ressemblent, pardonnez mon langage, mais c'est une grosse connerie. En rai ...
Quand on dit que les jours se suivent et se ressemblent, pardonnez mon langage, mais c'est une grosse connerie. En raisonnant par l'absurde, si tous les jours se suivaient et se
ressemblaient, je ne vois pas pourquoi on a inventé un nom différent pour chacun de ces jours. Alors admettons-le, cette expression vieille comme le monde n'est là que pour nous enfermer dans une
pseudo-routine du genre: "Bah, rien de neuf, pas plus qu'hier".
Alors oui, il y a des jours marquants dans une vie, dans le bon ou dans le mauvais sens. En gros, il y a autant de jours marquants qu'il y a d'êtres
humains, chacun est unique et vit différemment, et bla bla bla. Cela dit, il faut bien, de temps en temps, chercher à trouver une harmonie sous-jacente à tout ça. En cherchant bien, il doit bien
y avoir un fond commun de l'appréhension de la semaine par l'homme. C'est un grand sujet que nous abordons, puisqu'il s'agit de saisir l'humanité, accrochez-vous.
Si on devait établir une échelle des jours les plus chiants, il en serait ainsi:
En numéro 3, au pied du podium: quand notre jour d'anniversaire et/ou un jour férié tombe(nt) un dimanche.
Ca a l'air de rien comme ça, mais en y réfléchissant un peu, il n'y a rien de plus déprimant. C'est horrible quand notre anniversaire tombe un dimanche, ce qui arrive en gros une fois tous les sept ans sans s'emmerder avec les années bissextiles. Généralement, personne ne vous appelle ce jour-là, parce que vous ne voyez pas vos collègues de travail, et que vos amis sont tous occupés à décuver la sortie du samedi soir. Je ne m'attarde pas sur le jour férié un dimanche, cela va sans dire.
En numéro 2, le week end pluvieux après une semaine de soleil.
Là, on gravit un échelon supplémentaire, parce que ce n'est plus une question mathématique, mais bien un acharnement divin. Toute la semaine, la pression monte, ouah ce week end il va faire trop beau, je vais faire ça et ça et ça aussi. Et je sortirai mes tongs. Et bien rien du tout, mon cul, puisque vous vous levez le samedi matin sous des trombes d'eau, que vos rêves de pique-nique et de claquettes tombent à l'eau (c'est le cas de le dire). Non non non, le samedi pluvieux, y'a rien de pire, surtout quand il est suivi d'un lundi au soleil, ce qui, comme le dit la chanson, est une chose qu'on n'aura jamais.
En numéro 1, le jour pourri par excellence, celui que doit partager au moins 99% des milliards de personnes sur Terre, c'est le lundi pourri.
Pléonasme majeure de notre société, le lundi pourri est fait de deux choses principalement: le lundi, qui par définition termine le week end et lance une semaine supplémentaire. Puis vient le pourri, qui généralement est fait de trop de boulot, trop d'heures au taf, trop de gens dans le métro et pas assez de bières dans le frigo. Au choix. D'ailleurs, n'y a-t-il pas une expression spécifique qui dit: "comme un lundi"?
Je vous laisse imaginer, ce qui a déjà dû arriver à beaucoup de gens, de vivre ce qu'on pourrait appeler "les 3 jours de merde de la vie". Imaginez:
Vous avez passé la semaine à bosser comme un dingue, sous un soleil de feu. Heureusement, le week end arrive, et comme c'est votre anniversaire dimanche, vous avez décidé d'organiser une super soirée dehors, apéro en bord de plage ou sur une pelouse, et tout le toutim. Toute la semaine, vous relancez vos potes, t'oublies pas les saucisses et le pastis. Le samedi arrive, et manque de pot, il pleut comme vache qui pisse. Dans un dernier relan de motivation, vous tentez de maintenir la pression: "venez quand même, vous allez voir, ça va être sympa"...
Hélas, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil, la pluie se transforme en orage, voire en tempête. La plage est
impraticable, la pelouse est un marécage. Voyant le temps se dégrader, tous vos potes se tournent vers un plan B qui ne vous inclue pas. Vous passez finalement le samedi soir à manger des
saucisses froides et à boire du pastis chaud. Le lendemain, personne ne pense à votre annif, parce qu'entre le repas de famille, le dégrisement de la soirée de la veille et la sieste devant
Drucker, le temps est passé trop vite.
En revanche, il y a quelque chose qui ne vous a pas oublié, c'est le boulot. Le lundi matin est bien là pour se rappeler à votre bon souvenir, avec ses odeurs d'aisselles-au-jus-de-couilles et sa promesse que oui, mon bonhomme, tu vas passer ta journée au taf. En rentrant, l'évier de la cuisine est plein, il n'y a plus de bières au frigo, et vous commencez à recevoir des textos genre désolé pour ton annif hier, j'ai complètement zappé.
Heureusement, parce qu'il faut bien que tout cela ait un sens, vous allumez votre télé, et là, comme 99% des milliards de personnes sur Terre, vous poussez un "ouf" de soulagement en vous disant: "Heureusement qu'il y a la Coupe du Monde".