Partager l'article ! Décidons de décider: Tous les jours, on prend des milliers de décisions: à quelle heure se lever, comment se s ...
Tous les jours, on prend des milliers de décisions: à quelle heure se lever, comment se saper, je prends à gauche ou à droite, bière blonde ou brune. Ce
qu'il y a de beau, c'est qu'on ne se rend souvent même pas compte qu'on est train de prendre toutes ces décisions, qu'on décide d'enchaîner les bières ou se mettre en tongs. Si on arrive si bien
à prendre des décisions qu'on ne s'en rend même plus compte, c'est parce qu'on est dans des situations où on est seul à réfléchir pour nous-même, et dans un contexte si banal que la question ne
se pose même pas, allez, on reprend une tournée.
Parce qu'en réalité, prendre une décision découle d'un procédé super complexe, qu'il serait fastidieux d'étudier, n'oublions pas qu'il y a des
chercheurs pour ça. Alors si on cherche un peu, on tombe sur des trucs genre "choix d'optimisation", décider c'est avant tout choisir, tout dépend du paramètre qu'on décide de privilégier, merde
ça fait encore une décision à prendre, on va pas s'en sortir. Quand on pense que cette situation se produit tout le temps tous les jours, c'est pas étonnant qu'on ait parfois besoin de faire des
nuits de douze heures.
Alors quand on est face à
une décision à prendre, n'importe laquelle, on essaie toujours de faire appel à la seule chose qui nous différencie des animaux: à notre raison, attendant qu'elle va nous aider à peser le
pour et le contre, genre posons-nous deux minutes avant de nous lancer. Pendant ces instants de réflexion, c'est tout un mécanisme qui se met en marche: on va d'abord chercher à nous satisfaire,
puis on va voir si le contexte est propice à la chose ou pas. Parce que décider en fonction de nos simples désirs style j'en fais qu'à ma tête, finalement c'est trop facile, et personne n'aime la
facilité c'est bien connu.
C'est donc dans cette phase de réflexion que tout se joue. C'est un peu comme la cuisson des pâtes, si vous voulez: si c'est pas assez c'est pas bon, si c'est trop c'est pas bon non plus, il faut que le temps de réflexion soit al dente pour fournir la décision idéale qui croque sous la dent sans être crue.
Regardons de plus près, parce que c'est pas si simple, on aura compris.
Bien évidemment, une bonne fois pour toute, il est toujours possible de ne pas décider, c'est pour ça qu'on a inventé le pile-ou-face ou le chef, bref,
un truc ou quelqu'un qui va décider à notre place, comme ça on n'est pas emmerdé. Citons seulement les handicapés de la
décision chroniques, ceux qui mettent un pull noué sur les épaules, genre j'ai chaud mais un peu froid, ou bien ceux qui passent des plombes au rayon t-shirts blancs d'un H&M.
Commençons par la réflexion rapide qui, comme son nom l'indique, va aboutir sur une décision prise à la va-vite. La décision prise à la va-vite,
tout le monde connaît ça, on s'en mord généralement les doigts, j'aurais pas dû acheter ces pompes qui me font mal aux pieds (pour les filles), j'aurais jamais dû manger ces trois entrecôtes à la
graisse de canard (pour les garçons). la décision prise à la va-vite, en fait, est une décision où va prendre en compte surtout l'envie du décideur. Ce qui revient à s'en remettre à ses instincts
animaux, et généralement, on n'est pas plus avancé à la fin.
Personne n'est à l'abris d'une décision prise à la va-vite, mais tout le monde est d'accord pour dire qu'il vaut quand même mieux éviter en se
laissant ce qu'on appelle "le temps de la réflexion", qui est toujours douloureux. Parfois, quand la décision est trop dure à prendre, on se réunit pour en parler, plusieurs cerveaux fonctionnent
mieux qu'un seul, après tout. Alors on organise un before avant de sortir en ville faire la fête, on sort où ce soir? Je sais pas, on n'a qu'à en discuter autour d'une bière, passe quand
tu veux.
On tente donc d'optimiser au maximum le temps de la réflexion en tentant de le rendre le plus agréable possible, Heineken, rhum et cacahuètes. Résultat
des courses: il est déjà 1h du matin et vous êtes tous à 8g, il ne sert plus à rien de savoir où sortir, on s'en fout, putain j'me sens pas bien, j'vais me coucher. En étendant votre réflexion,
vous en avez fini à faire disparaître la décision comme par magie, après tout le résultat est le même, on a passé une bonne soirée.
Alors bon, oui, éviter de prendre une décision, c'est pas si mal que ça, (cf: procrastination) mais on passe à côté de l'adrénaline du grand saut, le sacro-saint tant pis j'me lance qui fait
que comme par magie, on est toujours content d'avoir décidé de décider. Ou un truc du genre.