Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 17:50
         Lorsqu'on est gamin, on prend plusieurs virages qui vont influer sur la suite de nos vies. C'est pourquoi on traverse plusieurs périodes, genre période skate, période métal, etc... Comme nous l'avons déjà dit, les premières expériences, les premiers émois, donnent bien souvent les premiers éléments constitutifs de notre personnalité future.
       Lorsqu'on a été gamin dans les années 80/90, on a certainement fait face à un des plus grand dilemmes de l'histoire du rock: Eddie Vedder ou Kurt Cobain?

     A la fin des années 80 naît un nouveau courant du rock'n'roll. C'est aussi ça, l'évolution: passer d'Elvis aux Guns'N'Roses en un demi siècle. La fin des années 80, c'est la sacrosainte époque du rock grunge, qui signifie en français "sale, crasseux", en référence peut-être à l'état des vêtements des groupes grunge, et de la qualité dirty de leur zik. Si on devait désigner une ville dans le monde comme capitale du grunge, ce serait sans aucun doute Seattle, là où tout a commencé pour les deux plus grands groupes de grunge-du-monde-entier-de-l'univers-du-monde.

Fight.




       

     Dans le coin gauche, short en jean, cheveux sales et mal peignés, regard mélancolique et voix défoncée par la clope-l'alcool-la drogue: Kurt. Kurt, leader charismatique de Nirvana, groupe à qui l'on doit quelques-uns des plus grands morceaux de la fin du siècle dernier. Car Nirvana, c'est à peine cinq albums studio, qui figurent tous parmi les meilleurs albums du monde toutes catégories confondues (on est bien loin des 2 albums par an d'un André Rieu, han).

        Concerts délirants qui leur coûtaient cher en matos éclaté, Nirvana, c'était aussi l'avènement du pogo, du crachat et des paroles violentes . Si Kurt Cobain est devenu une idole sacrifiée après sa mort, c'est parce qu'il incarnait mieux que personne la jeunesse de l'époque, tourmentée et insatisfaite. Comme James Dean à son époque, Kurt Cobain est mort dans des circonstances inconnues, laissant derrière lui une image trouble mais attirante, qui fit à l'époque pleurer des milliards de teenagers aux jeans troués à travers le monde. C'est d'ailleurs à cause de lui que j'ai troué mes premiers Levi's.



        

       

      D
ans le coin droit, chemise à carreaux, cheveux longs et salés par le surf et voix grave: Eddie. Eddie, leader charismatique de Pearl Jam, groupe grunge né en même temps que son éternel meilleur ennemi Nirvana, et ce dans la même ville (à l'échelle française c'est un peu comme si Pascal Obispo et Florent Pagny avaient démarré ensemble dans une même ville). Pearl Jam, tout aussi grunge dans le son lourd des guitares, avait une image un peu plus clean que le Nirvana de Kurt (parfois volontairement provoc') du fait qu'il fut associé par la suite au mouvement surf rock (avec les Red Hot), beaucoup moins agressif. Je me suis donc mis, moi aussi, à la chemise à carreaux autour de la taille, pour faire comme.
       Ce qui fait la force d'Eddie Vedder, plus que Kurt Cobain à mon sens (mais ça ne concerne que moi), c'est sa voix. Une voix puissante, capable de chanter les flammes de l'enfer (Even Flow) comme la douceur du paradis (Indifference).



       Longtemps, je me suis posé la question de si j'étais plus Nirvana ou Pearl Jam, Vedder ou Cobain (comme d'autres se demandent s'ils sont plus Beatles ou Rolling Stones). En regardant de plus près, je me rends compte que j'ai commencé par être Nirvana, of course, parce que quand j'ai commencé à m'y intéresser, Kurt Cobain était mort depuis peu (avril 94), et l'émoi était encore bien perceptible dans les yeux des jeunes ados. Comme tout le monde, j'ai pris le train de la nostalgie post-Nirvanesque, et je me rappelle avec bonheur des heures passées à écouter l'Unplugged ou bien à apprendre Come as you are à la guitare.
   Avec le temps, les choses ont évolué, et quand j'ai découvert Ten, je me suis dit que tout de même, Pearl Jam avait été sous-estimé, et surtout médiatiquement écrasé par Nirvana. En fin de compte, je gardais mes jeans troués et mes chemises à carreaux, ai essayé aussi bien le skate (toujours ce terrible problème d'équilibre) que la guitare (problème de coordination, à mon grand dam', j'étais plus piano classique).
    Il m'a fallu finalement vingt-six ans pour comprendre que je ne pouvais pas choisir entre le discret et éternel Vedder et l'étoile filante Cobain.



Par Nico - Publié dans : Nostalgie Heroes
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