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On mesure la qualité et l'avancée d'une société par sa capacité à intégrer ou à s'adapter à de nouvelles cultures. Le monde, c'est comme ça: plein de
gens et de civilisations. Du coup, quand la mondialisation s'en mêle, le "vivre-ensemble" devient un enjeu primodrial pour ne pas faire tout péter. Ben oui, à force de mettre ensemble des gens
qui ne peuvent pas se saquer, faudra pas s'étonner quand un jour on prendra une bombe nucléaire sur la gueule.
Montrer son intime confiance en l'être humain et sa grande fascination pour les cultures qui nous sont étrangères, c'est donc avant tout un acte politique. Qu'y a-t-il de plus fort que de voir un esquimau jouer aux Pokemons avec un australien, je vous l'demande. Alors voilà, en ces temps troublés où même les belges ne sont plus d'accord sur le goût des frites, il est grand temps de montrer l'exemple. Choisissons de nous intéresser à un des symboles à la monde du moment, la grande hype qui nous vient direct de super loin:
Quand mon vuvuzela est arrivé, j'ai été vachement surpris. Moi qui croyais que le vuvuzela était avant un tout une usine à
bordel et à démantèlement auditif, autant vous dire que je suis tombé sur le cul.
En fait, mon vuvuzela, malgré les heures de vol, est un mec à la cool. Ray-Ban sur la tête et clope au bec, il m'a tout de suite mis à l'aise. En arrivant, il s'est posé dans le salon, et m'a dit (texto): "on mate un peu la téloche?".
Abasourdi par tant d'altruisme et d'envie d'aller vers son prochain, j'ai donc allumé la télé. Ensemble, on a fumé un paquet de Camel.
De fil en aiguille, vuvuvela ("Vuvu") m'a proposé de vider quelques bières. En effet,
avide de découverte et de spécialités européenne. A la base, pour Vuvu, 1664 ne représentait pas grand chose, si ce n'est une année parmi tant d'autres, pas de quoi en chier une pendule.
Maintenant, pour Vuvu, 1664 est devenu un des symboles de l'amitié renouvelée entre les cultures. Comme quoi, l'alcool a des possibilités immenses: "Buvez de la bière, pas la guerre".
Etonné et admiratif de tant d'ouverture d'esprit, j'ai donc sorti quelques bières. Ensemble, on en a bu 24.
Totalement décontractés, Vuvu et moi commençâmes à échanger quelques trucs et faits culturels significatifs. C'est ainsi
que, bourré à la 1664, mon nouveau vuvuzela se leva pour me montrer toute la puissance de son manche téléscopique, "comme dans Star-Wars" me glissa-t-il. Il suffit de pointer son vuvuzela vers
quelqu'un, genre un ennemi, et d'un subtil mouvement du poignet déclencher la fureur.
Béat devant tant de violence pacifique, nous descendîmes dans la rue, histoire de nous frotter à quelques manants.
Enfin et pour finir, manière de laisser cicatriser, on a fini, Vuvu et moi, par faire un peu chier les voisins.
D'habitude, je n'arrive jamais à faire chier mes voisins sans culpabiliser, sans me dire que zut, c'est vrai, y'a des gens qui bossent et qui ont besoin de sommeil.
Mais lorsqu'il s'agit de faire valoir les échanges culturels et découvrir les us et coutumes d'autres civilisations, c'est plus pareil.
Ainsi, nous passâmes, Vuvu et moi, quelques heures à faire résonner le son mélodieux de la trompette sudaf dans la cour intérieure de l'immeuble.
Et ça va durer encore au moins deux semaines.