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On a tous en nous quelque chose d'enfoui et d'inavouable, quelque chose de secret et d'imperceptible, on a tous en nous quelque chose de Tennessee. Souvent
on en est conscient, mais on préfère tout de même le taire, de peur que la magie s'envole, pour vivre heureux vivons cachés. C'est la beauté de l'âme humaine: sa complexité. Le problème, c'est
qu'on essaie toujours de paraître le plus simple possible, parce que la complexité fait peur, un peu comme un manuel Ikéa de 80 pages en VO.
C'est le but de la vie, quelque part: parvenir à se connaître vraiment, le célèbre "connais-toi toi-même, c'est celui qui dit qui y'est". Pour
cela, il faut toujours être à l'écoute de soi, dans les bons comme dans les mauvais moments: c'est comme ça qu'on apprend à tenir l'alcool, par exemple, en s'écoutant et en s'obéissant, non, mon
corps me dit d'arrêter, bon un dernier pour le fun, et quand, penché au-dessus d'une cuvette la mèche rabattue, on se dit que bon, la prochaine fois, on s'écoutera.
Seulement, se connaître, c'est aussi faire un travail d'archéologie pure, en fouillant sans cesse dans nos entrailles. Il ne faut jamais se reposer sur
ses lauriers, et se réfugier naïvement derrière le "non, mais attends, j'me connais", c'est le meilleur moyen d'avoir de mauvaises surprises. Ben oui, c'est toujours comme ça, quand on pense
savoir ou connaître quelque chose, on finit toujours par se faire avoir, alors le mieux, c'est toujours de fermer sa gueule.
Se connaître, c'est donc déterrer tout ce qu'on peut avoir de profondément enfoui. Généralement, ces trucs profondément enfouis sont des trucs
qu'on a en nous depuis des dizaines d'années, voire depuis l'enfance, qu'on encaisse et qu'on refoule, c'est complétement freudien quoi. En grandissant, on apprend à vivre avec ces petites
choses, mais sans jamais forcément les dévoiler, c'est le principe, notre petit jardin secret qu'on laisse grandir tout seul, comme un grand.
Alors bon, y'a bien un moment où il faut que ça sorte, sinon, pour rester freudien, on se névrose. Il est donc recommandable, une fois les souvenirs émergés, de les
assumer pleinement sans peur du qu'en dira-t-on. Parce que oui, la plupart du temps, ces petites choses peuvent paraître si honteuses que personne ne vous rate, tout le monde se fout de votre
gueule, merde j'aurais mieux fait de la fermer, vous pleurez, vomissez, pleurez.
Mais être un homme du monde, c'est savoir être courageux, et assumer pleinement sa faiblesse pour en faire une force. Alors voilà, montrons l'exemple:
Ma faiblesse à moi s'appelle Mike Brant. Ouf, ça fait du bien quand ça sort. Je crois que ça vient de ma mère, vous savez, on traîne toujours les vieux
trucs qu'écoutaient nos parents quand ils étaient jeunes. Ces vieilles cassettes, on les subit des années durant pendant les voyages en bagnole, dans les embouteillages, en allant à l'école, en
revenant du foot, etc, etc. Pendant que Mike braille dans la Twingo, vous êtes submergés des souvenirs de maman qui vous raconte à quel point son brushing et son pattes d'éph' étaient au top.Du
coup, ces souvenirs font presque partie de vous.
A cette époque-là, on est un peu trop jeunes pour s'imposer en tant que maître de l'autoradio, alors on encaisse sans broncher les heures et les heures de Nostalgie
FM. De telle sorte que tout ça entre en nous à grands coups d'Alain Barrière et de Mort Shuman, pour rester coincé quelque part entre le foie et l'estomac. Du coup, quand Laisse-moi t'aimer passe
à la radio ou sur le mode shuffle de l'Itunes, c'est tout mon corps qui tressaille, qui vibre au son et aux paroles de Mike.
Enfin bref, tout ça c'est du passé, puisque ça y est, j'ai trouvé le moyen de m'exorciser, ça s'est passé cet après-midi, sur les coups de 16h30, après quelques verres de blanc:
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