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Il faut toujours toujours se méfier des amalgames, s'il y a des mots bien précis pour définir des choses bien précises, c'est pas pour rien, alors appelons
un chat, un chat. Vous imaginez le chaos dans lequel nous serions plongés si on en arrivait à confondre le gros sel et la fleur de sel, le Real de Madrid et l'Atletico Madrid, la Vittel et
l'Evian, ça fait froid dans le dos. Donc attention: se préserver des amalgames peut parfois vous sauver la vie. Exemple.
Généralement, les vacances sont faites pour se reposer, c'est la définition première du mot, n'allons pas chercher plus loin. Cela dit, il est difficile de
ne rien faire lorsqu'on est entouré de gens qui bossent quand même, on se dit que par solidarité on devrait aussi s'y mettre un peu. Après tout, deux semaines de vacances, c'est déjà beaucoup.
Alors, la culpabilité de mon inactivité (ça fait deux fois "ité", c'est joli quand ça rime) m'assaille depuis bientôt une semaine, m'empêchant de mener à bien mes nuits de 12h.
C'est donc à cause de ce sentiment merdeux de culpabilité (et aussi à cause de la nouvelle disqueuse du voisin) que me voilà levé tôt depuis le début des vacances,
enfin pas vraiment tôt, disons plus tôt que ce que je pensais, enfin j'me comprends. Et voilà qu'arrive le problème, le drame, le boulet qui fait plonger ma culpabilité dans les profondeurs de
l'infini, le moment où j'arrive à me dire que putain, mais je ne fous rien!
Il n'y a rien de plus préoccupant que ce sentiment de ne rien faire, qui vexe notre égocentrisme en nous montrant que oui, aujourd'hui, le monde se débrouille
très bien sans vous. En fait, c'est la faute à la société, forcément, qui nous entraîne dès tout petit à être productif, il faut toujours faire en sorte de produire quelque chose, n'importe quoi.
Foutue productivité.
Si vous cherchez dans le dico un contraire au mot "productivité", vous serez certainement emmerdés, puisqu'il n'existe pas de vrai antonyme à ce mot, c'est
dire si la non-productivité est bannie de notre monde. Du coup, je me dis que oui, fichtre, diantre, diable, je ne suis vraiment pas productif depuis le début des vacances. J'aurais pu
blogger plus souvent, j'aurais pu remplacer l'ampoule du salon, découvrir un vaccin contre une maladie grave, finir Final Fantasy XIII ou encore envoyer des messages de soutien aux Islandais: et
ben non, j'suis vraiment un boulet.
Mais mais mais venons-en au fait: il ne faut pas tout confondre. En y réfléchissant bien entre deux
roulades dans mon salon ou entre mes huit siestes quotidiennes, j'ai fini par trouver la solution à ce problème vicieux
de culpabilité. En réalité, on ne peut pas dire que je ne suis pas productif, il faudrait plutôt dire que je suis
inactif. Je vois les deux du fond qui se marrent, mais c'est pas tout à fait pareil.
Avec l'inactivité, le problème du "qu'est-ce que j'apporte au monde" ne se pose plus, disons que je suis en mode off. Et là, c'est la métaphysique qui parle:
est-ce que du coup, en étant inactif, j'existe vraiment? Est-ce qu'une chaise sur laquelle on ne s'assoit pas existe vraiment? C'est ce qu'il y a de cool avec l'inactivité, c'est qu'on ne peut
pas vous reprocher de ne rien faire, vous suivez?, c'est comme si on engueulait une télé éteinte.
Du coup, voilà bien deux jours que je vis pleinement mon inactivité, narguant le temps et les horaires
et mesurant la superficie de mon appart en terme de roulades. Après tout, je ne vois pas pourquoi je m'en voudrais de ne pas être productif, puisque je ne suis même pas en marche, niark. Faut pas
confondre.