Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 19:53
Lundi 7 décembre, 11h15

         Ce que je trouve fascinant dans la littérature et dans la poésie tout en particulier, c'est qu'on peut y voir tout ce que l'on veut y voir. C'est un peu comme le miroir magique, dans Harry Potter, vous savez, celui dans lequel il voit ses parents décédés. On nous critique toujours nous, profs de français, qui "voyons des trucs que même l'auteur n'a pas vus" (cf: Facebook). Mais en fait, ces gens n'ont rien compris, car justement, la poésie  (et la littérature en général) est là pour que nous puissions trouver les émotions et les sentiments que l'on n'exprime pas ou peu.




        Ce n'est peut-être pas un hasard si ce que je préfère dans la poésie, ce sont les auteurs à moitié fous ou brisés: Verlaine alcoolique, Corbière complexé, Baudelaire drogué, Nerval barjot et suicidé (?), Lautréamont mort phtisique à 24 ans,Vian cardiaque, Rimbaud le rebelle, Du Bellay le dépressif, Ronsard aveugle, etc. A travers leurs folies ou leurs maux, nous avons accès à un inconscient tellement puissant, qu'il nous est permis de nous l'approprier complètement. C'est quelque chose de quasi-métaphysique, en fait, car en lisant leurs poèmes une multitude de voix se mettent à nous parler en même temps. Inconsciemment, suivant l'humeur ou le moment, on en choisit une.



      La force des grands poètes est là: on peut en faire mille et une lectures sans jamais les trahir, car leurs poèmes sont de tels kaléidoscopes qu'il appartient à chacun de retenir une couleur plutôt qu'une autre. C'est pour cela qu'ils ne mourront jamais vraiment, tant leur esprit dépasse le concept de la mort. Leurs poèmes peuvent être relus à tous les âges de la vie par la même personne, qui en fera pourtant une lecture différente à chaque fois. La poésie, dans ces cas-là, nous sert de révélateur car, comme par magie, comme pour le miroir d'Harry Potter, notre inconscient entre en dialogue avec celui du poète. On aime avec lui, il déteste avec nous, nous pensons ensemble.



    Ce qu'il y a d'extraordinaire dans la poésie, c'est qu'en se centrant sur nos propres sentiments égoïstes, on finit toujours par se redéfinir un univers, et vice versa: c'est en réfléchissant sur l'univers qu'on finit par redéfinir nos propres sentiments. Cet effet d'aller-retour entre le macro et micro, entre l'universel et le personnel, tend à nous consoler autant qu'à nous révolter. Le temps coule, nous naissons pour mourir, il s'agir de faire quelque chose de sympa entre ces deux temps...



Lundi 7 décembre 11h32

...Oups, ça sonne.

C'est le facteur qui m'apporte un paquet, ca fait une semaine que je l'attends:





Faut que je vous laisse.

 Et don't forget, "Là tout n'est qu'ordre et beauté / Luxe, calme et volupté".


Par Nico - Publié dans : Le blog qui dit tout sur rien - Communauté : Tel est le monde !
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