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On dit souvent que s'amuser n'a pas de prix, tant les moments de pure folie sont rares. Alors
du coup, quand un grain de folie pointe le bout de son nez, on n'hésite pas une seconde: s'il faut lâcher du pognon pour l'attraper, c'est pas un souci, et on y va gaiement en s'arrosant
d'alcool. C'est pour ça qu'on a inventé, successivement, la fête foraine, David Guetta et Paris Hilton, afin d'avoir à portée de main les amusements les plus chers. Tant qu'à faire, autant être
sûr de s'amuser, même si l'addition est salée.
Nonobstant cela, il faut bien
savoir s'amuser d'un rien. Et c'est là que les choses deviennent vraiment intéressantes, bien plus que vomir dans les montagnes russes, et encore plus qu'un dj set de Guetta ou qu'une crise de
nymphomanie de Paris Hilton. S'amuser d'un rien, c'est s'amuser de tout. Comme plus ça va, plus on est entouré de trucs utiles et inutiles, il suffit de détourner les objets de leur utilité
première: rien de plus drôle que de se curer le nez avec une fourchette ou de se moucher dans les rideaux.
A la base, bien entendu,
le papier d'aluminium, ou "papier alu" pour les amateurs, sert à conserver ou à cuire la bouffe. Le papier alu est super amusant à manipuler, parce que ça se froisse facilement, et que ça fait
ressembler vos patates à de vrais cailloux d'argent, et ça c'est la classe c'est pas Paris Hilton qui dira le contraire.
Ce côté brillant et reluisant pour 1€25 les 30 mètres, beaucoup l'ont utilisé, et pas forcément pour faire cuire des oignons au barbecue. Dans les années 60-70, par
exemple, certains exentriques s'en servaient pour tapisser les murs, comme Andy Warhol dans sa Factory.
Après tout, c'est pas si con, parce
que ça fait des murs propres et que c'est jetable à volonté. Du papier peint à moins d'1€ le m², y'a pas à tortiller. Le truc, c'est que ça aveugle un peu à force, mais bon, bien bourré et shooté
(comme l'étaient la majorité des visiteurs de la Factory), on se croyait sur Mars pour pas cher. La Silver Factory, c'était donc une sorte d'utopie réelle, où "on rentrait anonyme et on sortait
star" (comme disait Warhol), où on pouvait tailler le bout de gras avec les plus grandes célébrités de l'époque tout en sirotant un Jack Daniels dans lequel on trempait son joint avant de prendre
une douche tout habillé.
Ce côté argenté discount a été
repris depuis, puisque tout le monde s'en sert pour se fabriquer des costumes. Plus léger et moins cher que l'acier trempé, c'est aussi plus sympa de se fabriquer une armure en papier-alu plutôt
que de passer trois heures avec un fer à souder. Ce qui fait que maintenant, on se sert du papier-alu davantage pour se fabriquer des déguisements ou tapisser ses murs que pour se faire des
patates au feu de bois (si, si, je vous assure).