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ATTENTION, cet article contient des extraits non dilués de Johnny Hallyday.
L'Europe, un vaste projet et un sujet abonné aux unes de tous les journaux. A la base, l'Europe, c'était la fête des hommes, l'humanisme grandeur nature, un espoir
nouveau, l'union fait la force, tous ensemble, tous ensemble, hé! hé!
Mais les temps sont durs, le virage du XXIème siècle est plus serré que prévu, et déjà beaucoup de nos voisins et amis européens se retrouvent dans les graviers. Alors que faire, solidarité or not? Tentons de nous éclairer en nous penchant pertinemment sur l'Histoire de l'art des 40 dernières années.
Parce que s'il y a bien un langage universel, accessible et compréhensible par tous, c'est bien l'Art, y'a qu'à voir, maintenant il suffit de prendre
un pinceau et un air inspiré pour s'y croire complet, et être en mesure d'élaborer une certaine conception de l'Art, de la vie, de la mort, du monde. Mais tout ça, c'est des conneries, on le sait
bien, et l'Art n'est jamais aussi efficace que lorsqu'il soutient une cause, pensons engagé, pensons liberté d'esprit et des peuples. L'Art: connecting people.
Parmi les formes d'art, concentrons-nous sur la musique, et comment celle-ci a pu participer à une certaine idée du monde, de la mort, de la vie. Lyre à la
main et vocalises sous le bras, saluons les nombreux ménestrels et autres troubadours des temps modernes qui n'ont cessé de mettre leur vie en jeu, prêts à se sacrifier sur l'autel de la liberté,
allons enfants.
J'aimerais donc aujourd'hui, choqué et ému par le contexte socio-politique qui malgré la-mondialisation -grandissante-ne cesse-de nous-isoler-les-uns-des-autres, aux chanteurs engagés post 68 qui, épris de liberté et d'amour pour son prochain, n'ont eu de cesse de tenter d'ouvrir leur art aux autres cultures, passant par-dessus la barrière de la langue comme un gamin qui fait le mur: les yeux tournés vers le futur, la mort, la vie, le monde.
Née sous la plume acérée de Johnny Hallyday (ou d'un pote à lui) en l'an de grâce 1973, "J'ai un problème"
pose déjà, bien avant ce que nous connaissons maintenant, les bases d'une Europe en décripitude qui lutte pourtant pour l'amour et la fraternité. Symbole parmi les symboles, notre artiste
franco-belge aux inspirations Nashville Tennessee s'unissait pour le meilleur et pour le pire à la plus grande muse hongro-bulgao-française que les années 70 connurent: Sylvie Vartan. Même
Deneuve n'avait pas un si beau brushing.
"J'ai un problème, je sens bien que je t'aime / j'ai un problème, c'est que je t'aime aussi", tout est là, dans ces deux vers presque alexandrinesques (d'ailleurs,
l'échec de l'alexandrin n'est-il pas symptomatique d'une évidente incapacité à unir poésie et engagement?). Car oui, l'Europe de maintenant, Johnny et Sylvie nous en parlait déjà, et c'était plus
pédagogique qu'une double-page dans le Figaro.
Mais s'aimer, qu'on soit un homme et une femme ou plein d'hommes et plein de femmes, c'est presque la même chose. Si la politique internationale est un bourbier dont on se sort difficilement, tiraillés entre les choix du coeur et les marchés économiques, il est un sentiment qui se passe de traduction et d'explication: l'Amour. Conscients de cette donnée, Sylvie et Johnny ont alors entamé une longue croisade pour chanter et diffuser l'amour de son prochain malgré ses origines, parce que l'Europe c'est ça: des gens qui ne parlent pas la même langue mais qui s'aiment quand même: