Samedi 9 janvier 2010
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21:16
En arrivant au club il y a avait déjà une queue de malade. C'est toujours comme ça les vendredis soirs. Mais bon, faire la queue pour rentrer en club,
c'est toujours sympa: on est chaud bouillant, dans un état pré-euphorique à l'idée de brûler le dancefloor sur Disturbia de Rihanna. Mais bon, quand il neige et qu'il fait -8°, c'est
quand même moins fun. Pour le coup, j'm'en foutais un peu, puisque la queue, je ne l'ai pas faite. C'est ça la classe du VIP.
A peine rentré que mon téléphone sonne déjà. C'était Scarlett, qui, justement, ne
voulait pas se taper la queue dans le froid et me demandait de l'ajouter sur la guest-list. C'est toujours comme ça les vendredis soirs: les peoples sont de sortie, et à la recherche de la
soirée la plus hype pour passer la nuit. Donc comme Scarlett insistait, j'ai fini par céder, et brieffer le physio pour qu'il la laisse passer. En passant les portes insonorisées, elle m'a
souri.
Quand on est VIP, c'est fou les opportunités qui s'ouvrent à vous un vendredi soir. D'autant plus lorsqu'on est accompagné de Scarlett Johansson qui, faut bien le
dire, s'était mise sur son 31. Après avoir fait la bise à quelques peoples incontournables (Anthony Kavanagh, Karine Ferri, Dechavanne venait à peine de partir), on s'est posé histoire de boire
un coup. On a commandé une bouteille d'Absolut, avec un pichet de pomme et un d'ananas (oui, Scarlett a des goûts exotiques, "ça lui remonte le moral quand il fait un froid polaire dehors").
Whatever.
Au fur et à mesure, l'ambiance se réchauffe dans le club, même si la musique est un peu pourrie. Il est 1h30, et c'est plein: je crois même qu'à l'entrée, on
refuse du monde à coups de boule. Même dans le coin VIP, on fait la queue pour commander à boire, c'est dire. C'est toujours comme ça les vendredis soirs: tout le monde est tellement content de
fêter la fin de la semaine, que personne ne fait attention que le DJ semble complètement sans imagination (c'est déjà la troisième fois qu'il passe Disturbia, ça commence à
faire).
Pendant ce temps-là, Scarlett et moi essayons d'avoir une discussion à peu près normale. Ce qui est impossible quand on est en
club. J'ai beau essayé de lui glisser quelques mots emplis d'humour et de tendresse, je n'obtiens pas de réelle réaction de la part de Scarlett: comme je suis obligé de gueuler dans son
oreille pour couvrir le son des basses, je crois qu'elle n'a pas bien tout compris. Alors au lieu de continuer à m'égosiller en postillonant, je tente le langage visuel. Le langage visuel,
c'est quand on se parle avec les yeux. Malheureusement, là aussi, je ne suis pas sûr qu'elle ait tout bien compris.
Bref, de toutes façons ce soir, j'ai un peu la tête ailleurs. Je termine mon verre d'Absolut, embrasse le cou de Scarlett, et pars sans me retourner vers
la cabine du DJ. Il est 2h30: ça va bientôt être mon tour, et j'aime bien m'installer correctement avant mon set. C'est toujours comme ça les vendredis soir: à une certaine heure, le club a
besoin d'un nouvel élan, celui que va le mettre en transe jusqu'à l'after de 6h, quand il sera temps de passer au champagne.
J'ai dû réveillé le DJ, qui s'était affalé sur la console, pour entrer dans la cabine. Le manque de professionalisme
de ce mec m'a à peine énervé, ce qui ne m'a pas empêché de lui faire remarquer qu'un vendredi soir, il faut être au top. Continuant de lui faire la morale sur la charte éthique du DJ du
vendredi, j'ajuste mes branchements, et prépare mes skeuds. Au carré VIP, Scarlett s'est approchée pour le début de mon set, en sirotant son Absolut-ananas. Je lève, lui fait un clignement de
chaque oeil, et balance le son, pour la vibe, pour l'amour du vrai son, pour Paris, pour le club, pour moi, pour elle.
Par Nico
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Publié dans : Aventures low-cost
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