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Une actualité en chasse une autre. Surtout lorsqu'il s'agit de nos stars préférées, c'est pour ça que des magazines comme Voici ou Closer se vendent comme des petits pains
gratuits. Depuis plus de six mois maintenant, l'actualité musicale est malheureusement trustée par la mort de Michael Jackson et la presque-mort de Johnny Hallyday. Des articles de presse aux
films de cinéma, ils sont partout partout, à croire qu'ils sont tout ce que le monde a produit ces derniers mois.
On n'est pas loin de l'effet Orange
Mécanique, avec tout ça. A force d'écouter du Michael Jackson partout malgré moi, à force de me taper systématiquement le clip version longue de Thriller tous les matins à la même
heure sur Virgin 17, j'en suis venu à ne plus pouvoir écouter une goutte de Michael Jackson, dégoûté que je suis du moonwalk, des chorégraphies-touche-pénis et des "bad, i'm bad".
Pour Johnny, c'est encore plus douloureux, car cela fait déjà quelques années que je ne le supporte plus, qu'il soit chanteur, acteur, pilote de rallye ou publicitaire. Pour moi, le live de
Johnny à Bercy en 92 reste associé dans ma mémoire aux séance de martinets. Comme tout le monde, j'ai tout de même souhaité qu'il s'en sorte, de sa hernie mal opérée, surtout parce que je ne
voulais pas entrer dans un cycle "que je t'aime Johnny" qui aurait durer au moins six mois.
Heureusement, c'est la mort d'un autre chanteur qui va venir occuper la première place au haut des unes des magazines et des têtes de gondole aux rayons de la Fnac, ce
que je trouve soulageant. En effet, après six mois de rabachage de Michael Jackson et trois mois de Hallyday: le break, grâce à la mise à l'honneur de Serge Gainsbourg. Car la semaine prochaine
sort Gainsbourg: vie héroïque, qui sera, à mon sens, cent fois mieux que This is It, et mille milliards de fois mieux que Jean-Philippe.
Le jour où Gainsbourg est mort, c'était
la tristesse à la maison. J'étais tout jeune, 8 ans à peine, mais je m'en souviens quand même: c'était un week-end, et on avait passé le dimanche à écouter ses disques en jouant au Monopoly (on
jouait très très rarement au Monopoly à la maison, c'est peut-être aussi pour ça que je m'en souviens). Papa m'expliquait comment il était mort, et pourquoi il aimait ses chansons tout en
m'arnaquant sur le prix de ses hôtels. J'étais trop jeune pour tout comprendre, bien évidemment, mais j'écoutais tout.
Quelques années plus tard et après le traumatisme
du martinet à la sauce Bercy 92, c'est vers Gainsbourg que je me suis tourné, parce que ses paroles me faisaient rire et qu'il parlait parfois de cul. Comme beaucoup de monde, j'ai écouté
Gainsbourg par vagues, à savoir de façon intensive pendant quelques temps. On a tous des "périodes" dans nos vies, en fonction de ce qu'on ressent ou de ce qu'on traverse etc, mais certaines de
ces "périodes" reviennent inlassablement: c'est comme ça qu'on peut dresser la liste de ses chanteurs préférés.