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Il y a toujours des signes annonciateurs des fins de cycle. Il suffit de bien observer ce qui nous entoure pour prédire avec force justesse que, selon
l'expression consacrée, "ça sent le sapin": la bagnole qui cale à chaque feu rouge, le portable qui ne tient plus la charge, Britney Spears qui se rase le crâne.
Idem pour les fins d'années.
Les fins d'années, on les sent venir facilement. Pas la peine de s'attarder sur le climat, même le soleil en a marre et nous le fait bien comprendre.
De toutes façons, ça fait déjà un mois et demi qu'on n'en peut plus de 2010, c'est devenu considérablement chiant de finir d'écrire la date par ce chiffre, c'est bon, on en a fait le tour. Si
vous ne me croyez pas, allez demander à Domenech.
En tant qu'adultes presque responsables, on prend ça avec philosophie. On se gratouille le menton en pensant à la petite douzaine de mois derrière nous, on essaie
de mesurer le chemin parcouru entre décembre 2009 et décembre 2010. Ce qui est aussi absurde, quand on y réfléchit, qu'un hamster tournant dans sa roue se demandant combien de kilomètres il a
parcouru.
En revanche, allez expliquer tout ça aux gamins. Car pour un gamin, la fin d'année, c'est l'arrivée de la neige, cette chose épatante qui nous
fait tous systématiquement régresser de dix ans d'âge mental. Quand on est plus vieux, la neige est un elixir de jouvence pas cher, mais quand on est gosse, c'est juste un elixir de vieillesse
pour ceux qui les supportent. Ce qui rééquilibre la balance, quelque part, dirons-nous.
Au-delà de cela, c'est surtout Noël, joyeux Noël, qui excite les mioches, et ils ont toutes les excuses. La publicité à la téloche est entrée dans sa période
Joué-Club (qui suit la période-cahiers-Clairfontaine, qui suit la période-Pulco-il-fait-trop-chaud-pour-travailler), on voit des faux papas-Noël dans toutes les grandes surfaces, et la boîte aux
lettres déborde de catalogues de la Grande Récré.
Heureusement, l'Homme du monde a trouvé la parade pour calmer nos chères têtes blondes gelées: le calendrier de l'Avent. le calendrier de l'Avent,
contrairement à ce qu'on pourrait penser de prime abord, n'est pas la plus grosse faute d'orthographe de l'histoire du calendrier, mais tout simplement une formidable invention pour tenir
tranquilles les enfants.
Techniquement, le calendrier de l'Avent est une plaquette de bois pas chère dont plusieurs fenêtres (en général entre 25 et 30) ont été prédécoupées. Chaque jour,
l'enfant naïf se jette sur le calendrier au réveil, juste pour le plaisir de boulotter le chocolat qui se cache derrière la fenêtre du jour. Remarquez, au moins, on arrive à les lever, ce qui
n'est déjà pas si mal.
Le calendrier de l'Avent est donc quelque chose de fascinant, mis à part lui, allez divertir un gamin avec un bout de carton, vous verrez c'est
pas si facile.
Car l'astuce, c'est bien entendu cette fameuse récompense qui vient couronner les insoutenables secondes qui précèdent la découverte de la bonne fenêtre.
A la base, on donnait une image pieuse avec une phrase d'un Evangile à l'enfant chaque matin. Mais comme par magie, l'image pieuse (même dédicacée) a été remplacée par un chocolat, allez savoir pourquoi...
N'étant hélas plus un enfant mais ayant gardé mon impatience et mes yeux d'enfant, j'ai moi-même acheté un
merveilleux calendrier de l'Avent, aux couleurs de Noël. Un calendrier pour les grands, certes, mais dont chacun des prédécoupages éclatés me procure joie et bonheur pour la journée. Et comme un
enfant, j'apprends que chaque matin m'approche un peu plus de Noël car je sais que quand j'aurai éclaté tout le carton: ce sera Noël, youpiyo.
Qu'il est bon de retrouver son âme d'enfant, alors Joyeux Avent.