Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 16:41

images-copie-11.jpg      Il y a toujours au moins deux façons de voir les choses, et c'est parfois ça le problème. Tout est une question de point de vue: celui qui regarde la pluie tomber est toujours plus heureux que celui qui se trouve dessous. N'oublions pas non plus qu'il existe dans certaines civilisations des danses de la pluie, que tous les pays des régions sèches bénissent les orages, et les douches sensuelles des pubs Ushuaia. En revanche, la pluie par chez nous, ça fait bien chier, ça fout en l'air les brushing, ça salope le carrelage et les pompes, ça empêche de bronzer et ça file la crève. Autre exemple édifiant.

 

 

 

images-copie-12.jpg     Légume vert ou rouge ramené par Christophe Colomb, le piment est l'atout culinaire par excellence. Facile à préparer, il relève tous les plats, se mange chaud ou froid, se boit, se sniffe, bref ça déchire sa race. En plus, ça met de la couleur dans les plats, n'oublions pas qu'on mange aussi avec les yeux. Pour certains, manger épicé ou pimenté est une preuve de force et d'abnégation gastrique. En effet, on l'a déjà vu ici, les piments contiennent une substance fortement irritante, le capsicum, qui nous fait pleurer des yeux et nous étrangler comme un chat qui avale une boule de poils.

 

 

 

images-copie-13.jpg    Tout le monde sait à quel point un piment peut nous éclater la bouche, et c'est pour cela qu'on admire ceux capables de picorer ça comme des cacahuètes sans transpirer ou courir aux latrines les plus proches. Qui n'a jamais fait l'expérience lors d'une soirée entre potes de boire du Tabasco ou de sniffer du piment d'espelette en poudre, ne bois pas d'eau mange du pain, ça va passer, ça va passer...

 

 

 

images-copie-14.jpg    On retrouve donc le piment dans tout un tas de cuisines, et spécialement les cuisines dites "orientales" ou "exotiques", vous savez, ces cuisines qui vous font voyager en vous arrachant la tête et en vous mettant le feu à la bouche. Et les filles, en grande majorité, adorent ça, la bouffe exotique, parce que les filles, elles aiment voyager et s'en mettre plein les yeux, exploiter leur ultra-sensibilité en découvrant de nouvelles saveurs, c'est bien connu je dis pas ça pour fayoter.

 

 

images-copie-15.jpg    Alors généralement, c'est le passage obligé: le resto exotique. D'un côté pour le plaisir des filles, et de l'autre pour permettre à l'Homme du monde de prouver sa suprématie sur le capsicum, rien que ça c'est tout un programme. On s'installe alors dans un resto au hasard du passage Brady (dont tous les proprios doivent être de la même famille), lumière tamisée et album unplugged de Ravi Shankar.

 

 

 

images-copie-16.jpg    Entre deux plongées au fond du regard de votre douce, vous zieutez la carte dont tous les plats ont des noms de pokemons: tikka, biryani, massala, korma, etc. Dans la marge, il est précisé le degré d'épicitude du plat, de "doux" à "très relevé" à la demande. C'est là que les problèmes débarquent, car vous voilà tiraillé: vais-je m'étouffer ou bien vais-je épater la galerie? To piment or not to piment, that's is the question.

 

 

 

images-copie-17.jpg    Vous décidez alors de couper la poire en deux, et prenez le "relevé", histoire d'avouer à demi-mot que vous n'assumerez pas le "très relevé" mais c'est pas grave, vous avez d'autres qualités. Cela dit, la pression commence à monter alors que les minutes défilent: vous êtes stressé et anxieux à l'idée de ne pas pouvoir bouffer votre plat, "de quoi je vais avoir l'air, putain, faites que j'arrive à tout manger, promis juré j'achèterai tous les films d'Aishwarya Rai", etc.

 

 

 

images-copie-18.jpg    Mais vous vous décontractez, esquissez un sourire serein, voire même un clin d'oeil. Le plat arrive, vous vous dites une dernière fois que tout ira bien, fermez les yeux et ouvrez la bouche. Alors que vous tentez de poursuivre la conversation, vous sentez les larmes monter aux yeux et pire: la sueur couler du front. Vous imaginez la suite,  "ben alors qu'est-ce que tu as? C'est trop épicé?", comme dans le film avec Ben Stiller.

 

 

 

images-copie-19.jpg   Au bout de vingt minutes, vous laissez tomber les armes, et avouez avec des tremollos dans la voix que vous n'en pouvez plus. Vous baissez les yeux comme un gamin de 7 ans qui a commandé du lapin à la moutarde et se rend compte qu'il n'aime pas la moutarde. Vous êtes pris sur le fait, le piment est grand vainqueur et ça se voit sur votre visage, après tout, c'est parfois quand on veut montrer sa force qu'on dévoile ses faiblesses, après tout, vous n'êtes qu'un homme, après tout, vous n'êtes qu'un homme, après tout, vous n'êtes qu'un homme.

 

 

 

On n'est jamais à l'abris, jamais jamais, mais il faut savoir vivre dangereusement.

 

 


 

 

  

 

 


Par Nico - Publié dans : Aventures low-cost
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