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La semaine entre Noël et le réveillon du Nouvel An est une période de non-droit. Une zone de l'année où tout est permis, où la violence est à chaque coin de
table, la crainte à chaque coupe de champagne. Et puis on le sent venir. Généralement, on commence à y penser bien avant les vacances, mon Dieu, je vais encore prendre 8 kilos, mon Dieu, je vais
encore avoir les yeux jaunes, etc. Rajoutez là-dessus l'arrivée du Père Noël: pas de doute, la fin d'année est toujours hotte. Manuel de survie.
Se préparer à l'impréparable. Survivre en période de Noël, c'est avant tout un exercice mental. Comme toute épreuve, il faut savoir se préparer. Ainsi, un
entraînement gastrique est de mise, il ne s'agirait pas de se péter le pancréas dès le réveillon de Noël. Être prêt pour les fêtes, c'est donc, dès l'achat du calendrier de l'Avent, multiplier
les repas par deux, et les doses de gras dans la poêle par deux. Le gras préparera votre organisme à accueillir encore plus de gras, on n'a rien sans rien. Gardez toujours à l'esprit que la
classe et l'élégance passent par une maîtrise totale de votre environnement et de votre corps.
Cela dit, manger du gras c'est bien, mais c'est traître. C'est le vice des périodes de Noël: ne pas sentir le danger arriver. Car le problème, vous le devinez
bien, c'est qu'alors que votre organisme se fait à l'idée de se faire boxer pendant une semaine a tendance à vous faire enfler bien avant l'heure. Résultat: vous ne rentrez plus dans la robe ou
le costard prévu pour Noël et le Nouvel An. Oui, vous arrivez à bouffer comme une vache qui sort d'une grève de la faim, mais vous avez l'air d'un con en survêt' Adidas autour de la tablée de
Noël.
Gérer les moments de doute. De toutes façons, la semaine fatale entre le 24 et le 31 décembre n'est pas la semaine du glamour. Si on se tape au
moins deux fashion weeks par an, c'est pas pour jouer les stars le soir de Noël. L'idée, au fond, est de sortir de cette semaine vivant, si en plus faut se saper comme Paris Hilton, on s'en sort
plus. Car les repas de fête sont des épreuves d'endurance, repas après repas. Ne réprimez donc pas le petit ronflement qui pointe sur les coups de 17h, alors que vous attaquez à peine le
fromage: c'est humain. Et après tout, autant prendre des forces, parce qu'il faut réattaquer l'apéro à 19h30, il n'y a pas de temps à perdre si vous voulez rester fresh.
Entre la fin du repas de midi (17h30) et l'apéro du soir (19h), il est donc recommandé de prendre un peu de repos, histoire de laisser reposer l'élastique de votre
jogging en coton. Alors, vous vous affalez sur le canapé devant un bon film de Noël. Le film de Noël met en scène des enfants, des animaux qui parlent, et bien souvent les deux, sur fond de fête
de Noël, de méchants débiles et de parents dépassés. Un vrai bonheur, que vous savourez en vous massant la panse. L'esprit de Noël vous gagne, vous reprenez confiance et attaquez plutôt
sereinement l'apéro de 19h.
Regarder droit devant soi. A l'heure du toast,
vous avez déjà les dents du fond qui baignent, mais vous faites bonne figure. Dans ces moments-là plus que tout, il faut conserver toute votre dignité. Vous vous efforcez donc de garder un
sourire de façade qui passe nickel sur les photos, histoire qu'on vienne pas vous faire remarquer qu'on lit dans vos yeux le nombre de coupes que vous vous êtes déjà enfilées. Vous buvez donc du
bout des lèvres, puisque de toutes façons il faut bien boire. Sinon, comment voulez-vous faire passer les petits fours que vous enfournez par paquets de trois?
La tension monte encore d'un cran au moment de passer à table. Le foie gras, entier et cru (comme vous) vous fait les yeux doux, et il est hors de question de ne
pas répondre. Vous essayez de vous fixer des limites mentales, "pas plus d'une tranche et sans pain". Plus le repas avance, plus vous sentez votre jogging se resserrer, mais il faut garder le
moral et la pêche, et, encore une fois, afficher un sourire de façade pour rester classe et élégant, même dans les moments les plus difficiles. Vous terminez le repas par décliner élégamment une
huitième part de dessert, vous vous essuyez le coin des lèvres, et partez ronfler une bonne douzaine d'heures, histoire d'être prêt pour l'apéro-du-midi-du -lendemain.