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On le sait tous: la vie est semée d'embuches qu'il faut savoir surmonter avec force classe et élégance. Car malgré tout le progrès et toute
l'évolution, si nous n'étions pas guidés par notre instinct de survie animal, ce serait encore plus compliqué.
Vivant aussi dans la jungle, à notre échelle, cet instinct de survie nous est également inculqué dès notre plus jeune âge, celui où, livrés à nous-mêmes sans protection,
nous sommes obligés de survivre dans un environnement hostile, entourés d'individus qui, comme vous, cherchent à survivre. C'est à cet âge-là qu'on joue avec des G.I. Joe, pour mieux imprimer
leurs techniques et s'inspirer de leur combativité.
Comme les G.I. Joe, à l'école, on commence d'abord par se trouver un ennemi commun. C'est la période dite "du jeu d'équipe" où tous ligués nous faisons front face aux claques de
la vie au collège. L'ennemi commun, le Cobra, c'est bien entendu le prof, grand dispenseur de sanctions et d'humiliations. Dans ces premiers instants, l'élève se doit d'appliquer les techniques
de camouflage les plus élaborées. Comme un G.I. Joe sans baïonnette, l'élève-qui-n'a-pas-fait-ses-devoirs est désarmé et désabusé. Afin de ne pas passer pour un lâche au combat en séchant tout
simplement les cours, le G.I Joe dépouillé mais téméraire se doit de faire face, pour la communauté...
L'âme en peine, l'élève-qui-n'a-rien-branlé chez lui peut opter pour plusieurs techniques afin de tromper la vigilance du Cobra. Dans un premier temps, il peut faire
comme si son arme était chargée mais enraillée, en fouillant dans son sac pendant un temps exagéré. Sinon, il peut tenter le camouflage, en sortant une feuille d'exercices qui n'a rien à voir
avec ce qui était à faire. Il faut alors parier que les sentinelles ennemies ne s'approchent pas de trop près. Enfin, il peut jouer la carte du Run'N'Hide en se cachant derrière le plus grand
de la classe, penché sur sa feuille à transpirer de grosses gouttes de sueur.
Pas de repos pour les braves. Survivre, c'est aussi se battre pour sa pitance. Et comme dans les douches à l'armée: le premier arrivé est le premier
servi. Alors le G.I. Joe scolaire n'hésitera jamais à donner des coudes ou à se servir de sa force physique pour s'imposer dans la queue de la cantine ou pour choper la dernière part de pizza
froide. La queue de la cantine devient un no man's land, un endroit où la loi n'existe plus. Les filles se font marcher dessus, les faibles à lunettes écrasés, bref: c'est un carnage, comme
quand on est envoyé en première ligne au front. A l'école, "survivre", c'est "survivre aux autres".
Comme les G.I. Joe, les traumatismes de guerre ne se font ressentir qu'après. Pareil que le syndrome post-Vietnam qui a fait de Rambo un homme seul et désabusé.