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Tous les ans, c'est la même chose. Sous prétexte que la nouvelle année a démarré, on se dit
naïvement que c'est l'occasion rêvée pour entamer de nouvelles résolutions. Une résolution, c'est une décision ferme qui naît du fruit d'un profond travail introspectif. Pour cela, on fait le
point sur l'année écoulée, en relevant les points négatifs: c'est là qu'interviennent les bonnes résolutions sensées nous remettre sur le bon rail. Alors tous les ans, c'est la même chose: on
décide d'arrêter de fumer, de ne plus se retourner la tête à l'alcool, de s'avancer dans son boulot, d'être gentil avec tout le monde, serviable, souriant, honnête et fidèle.
Au moment des résolutions, effectivement, on se comporte comme si on avait mangé une tribu de Bisounours. Parfois, on se retrouve même à
souhaiter "La bonne année" aux gens qu'on ne peut pas saquer. L'apparition du syndrome de Charles Ingalls est pourtant bien prévisible! Quand approche le 1er janvier, on est consciemment
ou pas submergés par les films à l'eau-de-rose-spécial-"J'aime la vie" qui parasitent la télé, et envahis par l'effusion de bons sentiments de la période hivernale. Le soir du 31 décembre agit
donc comme un catalyseur: une réaction chimique bizarre se produit dans chacun de nous qui fait que, le temps des résolutions, on se transforme en bête à foin de Walnut Grove.
Mais le syndrome de Charles Ingalls est
bien plus pernicieux qu'il ne pourrait paraître au premier abord. Quand la soirée du réveillon avance, le syndrome mute considérablement, en entrant en réaction avec d'autres produits, dont
l'alcool. Syndrome de Charles Ingalls et alcool ne font pas bon ménage, et le mélange des deux peut provoquer une sérieuse remise en cause des bonnes résolutions. Sans s'en rendre
compte, on se retrouve bien souvent bourré au milieu de la piste, dansant uniquement avec les genoux, et alignant les clopes comme à la parade. Bref: on se met la tête en vrac, ce qui, bien
souvent, fait éclater en mille morceaux nos si bonnes résolutions. Syndrome et alcool ne vont pas ensemble et ça paraît logique: vous avez déjà vu Charles Ingalls bourré? Non? C'est bien
qu'il y a une raison. En revanche, au stade 3 d'avancement du syndrome, on se met à avoir envie de porter des bretelles. A cet instant, généralement, il est déjà trop tard.
Cela dit, je fais le
malin et l'Homme du monde averti, mais en fait il n'en est rien. Car moi aussi, ça y est, j'ai été touché par ce syndrome des bonnes résolutions: comme Charles Ingalls, j'ai décidé de me mettre
au sport. J'entends encore la salle du réveillon résonner de ces paroles: "Tous les jours un peu de sport pour être affuté cet été". Quelle bêtise... Ma vie est foutue... Je ne serai plus jamais
crédible...