Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /Jan /2010 17:22
images-copie-13 Parfois, les mythes sont faits pour être démontés.
    Pour le coup, c'était mieux avant, quand personne n'osait discuter l'existence d'un dieu ou de tel ou tel héros aux cheveux longs et aux muscles saillants. Avec tout ça, c'est vrai qu'on n'arrivait pas très bien à faire la part des choses, entre tous ces monstres et toutes aventures de l'impossible qui se réglaient plutôt facilement, comme un puzzle-15-pièces. Les mythes, ça faisait rêver les gens et pour le coup, ça les tenait tranquille. C'était déjà ça de gagner, le "Attention, si tu continues, un Cyclope va venir de manger les orteils".



images-copie-14.jpg     Alors, à travers les années et les siècles, les sages ont continué de raconter leurs histoires mythologiques, bien conscients qu'ils tenaient là non seulement un héritage culturel mondial, mais aussi la solution pour maintenir le peuple dans le calme et la sérénité, "ne vous en faites pas, Athéna va nous envoyer un nouvel Achille pour nous sauver".



Ulysse-51.jpg    Quelque part, un mythe, pour exister, a besoin d'un début et d'une fin, sinon les gens s'en lassent. Normal: c'est toujours énervant de s'endormir avant la fin du film, ou pire: de ne pas la comprendre.
Par exemple, beaucoup connaissent la fin de la guerre de Troie, le retour d'Ulysse à Itaque, ou bien la mort du Minotaure. Et ben si Ulysse n'était jamais revenu à Itaque, on n'aurait jamais pu raconter ses aventures (et d'une), et il serait considéré comme un marin de merde capable de se paumer en mer Méditerranée (et de deux). Pas de quoi casser trois pattes à un canard, et encore moins d'en faire un mythe. Heureusement qu'il est rentré, mine de rien.



De nos jours, les mythes sont, aussi, fouettés par la crise. Ben oui, à force de technologies et de sciences avancées, il est de plus en plus difficile de faire croire qu'on a buté un dragon avec un sceptre magique, ou bien qu'on est envoyé des dieux pour régner sur la Terre (ça, seul un mec a réussi à le faire en 2000 ans, c'est dire). A moins de passer dans une dimension parallèle, auquel cas ce serait vraiment trop cool. Bref, la seule chose qui résiste un peu, sont les stars. Et encore.



images-copie-15.jpg Regardez Johnny, par exemple. L'archétype du héros façon XXe siècle, avec ses zones d'ombre et de lumière et porteur de valeurs "nationales" (c'est la seule star Mondiale connue uniquement en France et au Japon, fortiche). Et ben quelque chose me dit que (attention, ce qui suit est cruel, éloignez les enfants), si Johnny s'était éteint il y a une vingtaine d'années, il aurait pu atteindre le rang de mythe plutôt que la rubrique faits divers dans Gala.



images-copie-16.jpg      S'il avait été rappelé par les dieux du rock au faîte de sa gloire, quand il était l'ambassadeur number One du rock (y'a quarante ans), les choses auraient été différentes: il aurait vécu comme une étoile filante qui traverse le ciel du rock'n'roll en l'illuminant. Dans la mythologie, les héros deviennent des étoiles, ça tombe bien.
Un peu comme Jim Morrison ou Jimi Hendrix, mais en français (hips).



     Du coup, plein de choses nous auraient été épargnées à nous, génération traumatisée par le Live à Bercy 92, nous nés dans les années 80 et qui avons appris à grandir à grand coups de Laura, Quoi ma Gueule ou J'ai oublié de vivre. On ne nous aurait pas obligés à regarder tous ses concerts gratuits sous la Tour Eiffel, on n'aurait pas eu à avoir honte quand l'Idole-des-jeunes cherchait un pays pour y planquer sa thune, Allumez le feu, Optic 2000, Johnny en vacances, Johnny dans sa cuisine, Johnny fait de la chirurgie, Johnny boit comme un trou, etc.

Eh oui, les mythes ont la vie dure.


Par Nico - Publié dans : Le blog qui dit tout sur rien - Communauté : Tel est le monde !
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