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Enfin, c'est terminé. Ca commençait à sérieusement nous chauffer les oreilles ces histoires, toujours les mêmes gens à la télé, toujours les mêmes
titres dans les journaux, ça fait du bien quand ça s'arrête. Au bout du compte, nonobstant les sempiternels "le changement c'est pour demain", rien n'a vraiment changé, comme le QI de Paris
Hilton, comme les histoires de cul des Feux de l'Amour. Enfin bref, ouf, les régionales, c'est terminé, on va enfin pouvoir repenser à nos gueules.
Non pas que je me
désintéresse de la politique, loin de là. Vous savez ce qu'on dit, "si tu t'occupes pas de la politique, la politique s'occupera de toi", et bla bla bla. Alors bon, j'ai toujours essayé de m'y
intéresser un minimum, juste histoire de comprendre un peu de quoi on parle vraiment sur LCI quand on interviewe des vieux en costard-cravate.
J'ai un petit truc
spécial pour les discussions politiques, qui j'imagine est pratiqué par tout le monde. C'est le fameux "De toutes façons..." bien laconique, que l'on peut agrémenter d'un hochement de tête
dubitatif ou d'une moue qui parle toute seule. L'idée, c'est de faire comprendre à l'interlocuteur qu'on est pas au top de l'actu mais qu'on a bien compris une chose, c'est que rien ne change
vraiment, 2002 et le FN au second tour c'était hier, et bla bla bla.
Le problème, c'est que
pour le coup, ces régionales, je n'ai pas compris grand chose. Tout mon vocabulaire durement acquis pendu aux lèvres d'Apathie a rapidement volé en éclats en lisant les programmes de l'Ile de
France, sensiblement les mêmes, sauf qu'un était bleu l'autre était rose (quand je vous disais que je faisais la différence entre la gauche et la droite).
Pour
éviter de m'enfoncer dans l'ignorance politique qui m'inondait, j'ai tout fait, tout essayé. D'abord, j'ai fait mine de ne pas suivre la conversation, genre mon Fluide Glacial est trop prenant
pour que je puisse en même temps vous écouter. A la question "Et toi, qu'est-ce que t'en penses?", je tâchai d'éviter élégamment la question, faisant mine d'avoir mal compris: "Ben, disons que
oui, je pense que le Grand Chelem, c'est largement faisable, les anglais sont pas au mieux ces temps-ci", et bla bla bla... Quand je me retrouvais dos au mur, je m'en sortais difficilement avec
mon "de toutes façons"...
Toujours est-il que maintenant, je peux enfin respirer. Je n'aurai plus la boule au ventre du "putain, j'ai rien compris à la campagne, tu vas voir
qu'on va me poser des questions". Bien entendu, je compte bien lire et écouter les spécialistes qui vont tout nous expliquer. La politique, c'est un peu comme un épisode de Lost, des
Feux de l'Amour ou une conversation avec Paris Hilton, si y'a pas quelqu'un qui vous explique, vous comprenez tout de travers.