Mercredi 20 janvier 2010
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Du moment qu'on y prend du plaisir, tout ce qui nous entoure peut devenir une drogue. C'est pour ça que la lutte contre la drogue ne sera jamais
vraiment efficace: tout simplement parce qu'avec le temps qui avance et nos goûts qui changent, on trouvera toujours quelque chose de nouveau à se mettre sous la dent pour kiffer la wave.
Le thème de la drogue dans la société est un thème inépuisable, parce que des feuilles d'eucalyptus aux déodorants en bombe,
l'être humain s'est shouté avec une infinité de trucs.
De toutes façons, la drogue a toujours fait
partie de notre société, ce n'est plus à prouver. La drogue, quelle qu'elle soit, propose à celui qui en prend une vision biaisée de la réalité, une réalité alternative. Cette réalité
alternative, en fait, quand elle est confrontée à la "vraie réalité", lui donne tout son sens. C'est un peu comme un superhéros et le gros méchant: à quoi sert Ulysse sans le Cyclope? Batman sans
le Joker? Le professeur Xavier sans Magneto? Parce que le monde n'est pas aussi simple qu'on voudrait nous le faire croire, il faut savoir que tout est fait de positif et de négatif, et que tout
est mélangé.
Heureusement pour nous,
beaucoup de grands écrivains se sont exprimés et ont défendu le sujet et c'est, également, un thème inépuisable. Finalement, quand on y regarde de près, la majorité des grands écrivains des
derniers siècles avaient leurs petites addictions qui réglaient plus ou moins leurs vies: Balzac était addict au café, Baudelaire à l'opium et au cannabis (il faisait même partie d'un club de
fumeurs de joints), Conan Doyle (Mr. Sherlock Holmes) et Freud à la cocaïne, Verlaine buvait de l'absinthe comme du lait, Sartre croquait des amphét' comme des bonbons et Bukowski prenait tout ce
qui traînait. Accrocs à cette réalité alternative et subjective, ils sont parvenus à développer leurs propres univers, et
tout le monde les en remercie.
Alors de nos jours,
on lit partout que la drogue c'est mal, mais mis à part des faits scientifiques incompréhensibles et ennuyeux, rien de bien convaincant. La drogue tue, ce n'est plus à prouver, et tous les
auteurs cités ci-dessus en ont fait les frais (Verlaine par exemple, sur la fin de sa vie, passait tout son temps à picoler en insultant les putes dans les bars), et Bukowski s'est pissé dessus
pendant qu'il était interviewé par Bernard Pivot). La drogue n'est plus vraiment utilisée pour ses propriétés psychoactives, mais parce que ça permet de penser à autre choses l'espace d'un
instant. On ne découvre plus, on se réfugie, et c'est là le problème.
Moi-même, parfois, je m'inquiète. Cela fait une semaine que ça dure: tous les jours, je n'attends que ce moment. Ce moment béni à la limite de la jouissance tantrique, quand je suis
chez moi, et que j'ouvre lentement la boîte avec la même excitation que si je dégraffais un soutien-gorge. Je prends un malin plaisir à ritualiser le tout, en éteignant les lumières ou en fermant
les yeux, par exemple. Et puis, quand le moment est venu, j'accède à mon tour aux paradis artificiels de mes idoles. L'espace d'une demi-heure, plus rien n'existe sinon moi, et
elle:
... Quand je vous dis qu'on est tous drogués.
Par Nico
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Publié dans : Aventures low-cost
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