Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 15:10
images-copie-15.jpg       J'ai toujours eu un gros faible pour ce qu'on appelle les Perdants Magnifiques. Vous savez, ce sont ces gens à la limite de devenir des idoles, et qui finalement, trébuchent avant d'arriver en haut de l'escalier du starsystem. L'histoire des perdants magnifiques est toujours géniale et rassurante à connaître. Loin de l'idée reçue selon laquelle il y a les génies et les autres, les perdants magnifiques nous montrent qu'on peut être un génie et ne pas retrouver sa caisse un soir de biture.



images-copie-16.jpg Il y a un petit mois, est sorti sur les écrans un rockumentaire exceptionnel sur les plus grands loosers de l'histoire du rock, peut-être les plus grands perdants magnifiques qu'il existe:
"The Story of Anvil" revient sur la carrière prometteuse mais pas gagnée de Anvil, groupe de speed metal qui a commencé à percer dans les années 70 et qui, plus de trente ans plus tard, tente toujours de se faire une place au soleil. Les Black & Decker du rock, en quelques sortes. "The Story of Anvil", c'est LE meilleur documentaire sur le rock depuis des années. Hommage, avec de vrais morceaux de bravoure et de vidéos dedans.




images-copie-17.jpg      Tous les plus grands noms du hard metal s'accordent pour dire qu'Anvil fut une source d'inspiration énorme pour eux. Tous s'imaginaient voir Anvil au top du top, loin devant tout le monde. C'est sur quelques prises de paroles de Lemmy (Motorhead), Slash (Gun's n' Roses) et Lars (Metallica) que commence le documentaire, et sur des images d'archives montrant Anvil au faîte de sa gloire, il y a quarante ans. Sauf que...



images-copie-18.jpg      Anvil reposait sur le talent de deux musiciens copains d'enfance, qui avaient juré dans la cour d'école de faire du rock ensemble jusqu'à la fin de leurs jours. Lips, le chanteur, était connu pour ses grimaces, mais surtout pour jouer avec un godemiché comme mediator. Pas facile, vous essaierez. Robb, son copain siamois, était à l'époque un des (si ce n'est LE) meilleur technicien à la batterie. Cheveux longs, pochettes designées, trouvailles musicales, tout était fait pour qu'ils réussissent, et pourtant...



anvil-robb-lips.gif      Anvil est un groupe qui joue de malchance depuis plus de trois décennies. Quelque part, si certains groupes ont eu la chance d'être là au bon endroit et au bon moment, nos gentils Anvil ne l'ont jamais eue. Trente ans après leurs derniers faits d'armes, le docu nous propose de retrouver Robb et Lips, la cinquantaine bien tassée, qui vivotent de petits boulots en attendant toujours que la gloire viennent frapper à leur porte. Entre deux parties de badmington, dans le jardin derrière la maison, ils se prennent encore à parler loges et contrats juteux, et rêvent encore d'enregistrer Thumb Hang (pendaison par les pouces), morceaux sur l'Inquisition espagnole restée dans les cartons. Mais bon...



images-copie-20.jpg      Mal 
(ou pas du tout) payés pour faire des festivals pourris en Roumanie car ils ne déplacent que dix personnes, obligés de dormir dans les gares parce que la manageuse a "oublié" de réserver les places de train, tentant désespérément de réunir assez d'argent pour produire leur treizième album, Anvil accumule toutes les galères possibles et imaginables, et ça fait trente que ça dure. Mais ils y croient encore, galériens mais jamais ridicules, ce qui force notre respect.




    Tout penauds et démoralisés,
les yeux mouillés de désillusion, Robb et Lips n'abandonnent pas leurs rêves pour autant. Comme quoi, on peut encore avoir des rêves d'enfants quand on a cinquante ans passés, quand on veut on peut. C'est la force de ce documentaire: nous les faire aimer et respecter au fil des minutes.
    En accompagnant ces grands losers du metal, on apprend à les connaître, on en rit souvent mais jamais méchamment, et on finit aussi par se dire que vraiment, ils n'ont vraiment pas de bol, mais comment la nature humaine peut-elle condenser autant de malchance, qu'ont-ils fait pour mériter ça, si un pigeon chie ce sera sur leurs pompes, etc. Rassurez-vous, morale-américaine-believe-in-your-dreams oblige, tout commence mal qui finit bien. Un vrai film sur d'éternels rêveurs, jetez-vous sur "The Story of Anvil".






Par Nico - Publié dans : Le film de la semaine
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