Lundi 14 décembre 2009
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Ahhh décembre, la neige, le froid, Noël.
Si y'a bien un truc que le petit Jésus a bien vu, c'est de naître en plein hiver. Ca permet de faire passer la pillule un peu plus facilement. Quand l'hiver de décembre arrive, on le sent
physiquement à nos lèvres qui gercent, au nez qui pèle et qui coule et aux doigts qui gèlent.
Socialement, quand l'hiver arrive, il emporte Noël avec lui. Noël, c'est donc une fête de l'amour et du partage, où tout le monde est content de se retrouver avec tout le
monde, et où pour la seule fois de l'année, un vieux barbu mal sappé peut tenir un gamin sur ses genoux en lui caressant les cheveux sans que personne ne trouve ça bizarre.
On entend des "Ho ho ho" partout, les rues et les yeux des enfants s'illuminent, bref: c'est Noël.
Noël, c'est aussi l'époque des cadeaux. Et ça, c'est plus galère, car même si on adore recevoir des cadeaux, c'est toujours difficile d'en offrir, tant on a peur que ça ne plaise pas. Alors on se
triture les méninges, en essayant de se mettre à la place de la personne en se disant "Mais qu'est-ce-que j'aimerais recevoir?". Consciemment ou inconsciemment, on transfert nos propres désirs
sur celui de la personne en question, en se disant que "ouais, ça, ça lui ferait trop plaisir. En tout cas ça me ferait plaisir à moi. "Etc. Ce qui fait que si le cadeau ne plaît pas, on est
d'autant plus déçu ou vexé ("Ah bon, tu l'avais déjà...").
Le choix
des cadeaux, c'est donc primordial. Tous les ans à la même époque, tout le monde se trouve devant un choix extrêmement crucial:
1. Soit on est sûr de nôtre coup, et on dépense sans compter pour un cadeau qui, on ne sait jamais, ne plaira pas à la personne (voire: paragraphe précédent). En même temps, si on fait mouche,
c'est le méga jackpot.
2. Soit on est super dans le doute jusqu'au bout. Même en cherchant pendant des semaines, on ne trouve toujours pas le cadeau qui ira bien. Ce qui stresse, car on se dit alors qu'on ne connaît
pas la personne, que tout ça n'est que futilité, bla bla bla. Alors on trouve la parade: le cadeau-pourri-mais-assumé.
Le cadeau pourri-mais-assumé repose sur le constat fait dans les paragraphes précédents: puisqu'il est difficile de trouver LE cadeau qui tue (l'aiguille dans la meule de
foin), autant trouver TOUS les autres cadeaux qui tuent pas (la meule de foin sur l'aiguille). Livres de blagues, moufles péruviennes, carafe à eau en forme de pénis: tout est possible et
imaginable. Le cadeau-pourri-mais-assumé consiste à ne pas se prendre la tête: trouver le truc le plus naze, l'emballer, et l'offrir avec le sourire.
Nota Bene: si on ne trouve pas LE cadeau-pourri-mais-assumé, on a toujours la possibilité d'offrir plusieurs petits cadeaux-pourris-mais-assumés (du genre: un mini livre sur les
bienfaits de l'ail + un guide de la séduction en jungle urbaine).
Vient ensuite le moment que moi, perso, je redoute le plus: le
moment de l'emballage. Jamais de ma vie, depuis vingt-six ans, après des tonnes de cadeaux d'anniversaire ou autre, je n'ai été foutu de faire un paquet-cadeau convenablement. En général, pour
emballer un livre, je mange un rouleau de scotch et un rouleau de papier, pour finalement froisser le tout et finir à l'agrafeuse. A un moment, j'avais opté pour l'option papier-journal, mais
sous un sapin de Noël, c'est pas classe.
Dans ces moments-là, je me souviens de maman, qui, quand j'étais au collège, emballait mes dizaines de livres avec du plastique sans jamais rien froisser et toujours de
façon millimitrée et harmonieuse. Trop puissant.
Mais en fait, malgrè tout, ça n'est pas bien important, puisque Noël, c'est bien plus qu'un cadeau bien choisi ou un emballage bien fait. C'est le plaisir d'être tous
ensemble en tenue de Noël, de s'amuser à faire croire au moins de 7 ans qu'un vieux barbu va passer par la cheminée et de torcher la gueule à mémé à coups de champagne. Le temps, c'est ce qu'il y
a de plus important, et Noël permet de fixer tout ça et de faire le point l'espace d'un jour.
Le temps, c'est aussi ce que je vous ai fait perdre en lisant ce post qui finalement ne sert pas à grand chose: ben oui, je ne savais pas quoi vous offrir, et on ne perd
jamais assez son temps. C'est pourri, mais assumé.
Par Nico
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Publié dans : La vie: Mode d'emploi
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