Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 14:57
     
       Rien de plus déplaisant qu'être contrarié. Il y a bien un truc que tout le monde partage avec tout le monde sur Terre, c'est cette haine de la contrariété ou pire: de la frustration. Quand on est enfant, on exprime ceci en hurlant très fort et de façon ininterrompue jusqu'à l'exaspération générale. Heureusement, avec le temps, on apprend à mettre des mots dessus, ce qui nous amène (en théorie) à rationaliser et à "surmonter" cette frustration et cette colère. Et puis sinon, on a inventé les psys, la sieste, et l'alcool.
Et puis il y a eu Emile Coué (qui en passant ressemblait comme deux gouttes d'eau au papi de KFC), initiateur au début du siècle dernier de la "pensée positive" et l'auto-suggestion.
Désormais, plus rien n'est contrariant, puisqu'il suffit juste de se répéter que tout va bien.
Test.




Tant que vous n'avez pas été embrassé par un de ces pluvieux après-midis parisiens,
vous n'avez jamais été embrassé.




     C'est un peu la phrase du jour, et elle est de Woody Allen. C'est la phrase que je me répète en boucle depuis ce matin. Car aujourd'hui mardi, il pleut à Paris, et c'est génial, parce que c'est l'occasion de se faire embrasser pour de vrai au moins une fois dans sa vie. Yeah.


      Dans le Sud, quand il pleut, c'est une catastrophe. Il pleut très fort, on pense que c'est la fin du monde, on est grincheux, et on languit dès la mi-septembre que l'été revienne. En fait, quand on prend la pluie dans le Sud, c'est plus une agression qu'un baiser, et il est donc difficile de pratiquer la méthode Coué quand on se retrouve coincé sous la grêle. Heureusement dans le Sud, il ne pleut jamais longtemps, sauf cas exceptionnels genre inondations, qui reviennent tous les ans sans surprise.



     Ben à Paris, la pluie, c'est génial, parce que comme dit Woody Allen, elle nous embrasse, et ça c'est la classe. Remarquons que quand il pleut à Paris, il ne pleut pas vraiment pour de vrai, en fait. Parce que la pluie à Paris est malicieuse et espiègle: elle vous surprend quand vous ne vous y attendez pas. Alors toute la journée, il fait un temps gris, et on se demande si on va voir le soleil au moins dix minutes. On fait quelques feintes: je sors, je sors pas, je sors un peu, je sors pas du tout, pour tester. On finit par sortir sous un ciel de plomb en pensant que "ça va tenir", parce qu'il faut bien.
On commence à apprécier un peu le bon air frais et à se dire qu'on va y échapper, on se dit que finalement, on a bien fait de ne pas prendre de parapluie ou un K-way, quand soudain, on se fait embrasser.



    
      Quand Paris embrasse, elle ne fait pas semblant. La pluie parisienne ne prévient jamais quand elle va embrasser, et le fait toujours de façon très subtile. Quand il pleut à Paris, il ne pleut pas forcément des trombes d'eau, parce que ce serait trop facile. Non non non: à Paris, même quand on croit marcher au sec, ben on se fait embrasser. C'est une sorte de pluie super fine, et qui vous embrasse de façon horizontale  parce qu'elle est portée par un léger vent glacé qui lui aussi, ne se gêne pas pour vous embrasser. Le coquin.
    Alors quand vous êtes dans la rue à Paris, et que vous n'avez pas de quoi recharger votre carte de transport, ben vous prenez les choses du bon côté. Après tout, c'est toujours mieux que rien, cette pluie qui embrasse. Et puis pendant que vous vous faîtes sauvagement embrasser, vous ne pensez qu'à des choses positives. Parce que quand on se fait embrasser, on pense toujours à des trucs positifs. Hop.


     Malgré la demi-heure qu'il vous reste à marcher sous les baisers de Paris, vous vous imaginez déjà chez vous, en jogging. Dans votre tête, vous êtes même déjà en train de choisir votre programme télé: les films-américains-pour-gamines-en-vacances de la TNT? Un DVD super long, genre Braveheart, Danse-avec-les-loups, Barry Lyndon? Ou bien comme vous le rêviez depuis le début des vacances, votre intégrale Steven Seagal?



Quand vous rentrez chez vous, vous êtes encore tout barbouillé par les baisers de la pluie de Paris...

... Il ne vous reste plus qu'à vous persuader que vous n'avez pas choper la grippe (normale).

    
Par Nico - Publié dans : Aventures low-cost - Communauté : Tel est le monde !
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