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Quand on est en vacances, l'univers des possibles s'ouvre à nous. Généralement, les premiers jours de vacances, on en profite pour faire ce qu'on ne peut
jamais faire quand on bosse: enchaîner au moins deux grasses matinées d'affilée. Le top dans ces moments-là, c'est quand il pleut des cordes, qu'il neige, qu'il vente, bref: qu'il fait un temps
à pas mettre un chat dehors. Sur le coup, vous bénissez vos vacances.
Ce qui est super quand on est prof, au-delà du fait d'avoir des vacances un peu
tout le temps, c'est qu'on a accès gratuit dans les musées nationaux. Ca, c'est ce qu'on appelle la super classe, parce
que si ça vous chante, rien que pour le fun, vous pouvez entrer au Louvre rien que pour pisser un coup. Direction le musée d'Orsay, rien que pour voir quelques toiles.
Ce qui m'intéressait le plus, c'était de voir quelques toiles incontournables. Parce que je me la pète un peu, je n'ai passé qu'une heure dans l'exposition permanente,
juste pour admirer le Déjeuner sur l'herbe et surtout surtout l'autoportrait de Courbet en homme blessé. Et aussi, accessoirement, voir en vrai l'Origine du Monde,
mais alors rien que pour le fun.
En revanche, la deuxième expo m'a vraiment passionné: "Art Nouveau Revival", que ça s'appelait, ou comment l'Art Nouveau des années 30 s'était réincarné dans le mouvement psychédélique des années 60-70. Pourtant, je me méfie des musées qui
sortent des expos genre "djeun's": après la déception de l'expo Tarzan au Quai Branly, j'étais vraiment frileux. Mais bon, comme c'était gratuit... Alors là, je me suis bien éclaté:
plusieurs salles à thèmes qui expliquaient la progression de cet Art Nouveau, du surréalisme de Breton et Dali aux pochettes de disques d'Herbert Léonard et des Grateful Dead (si si si).
Rapidement, et parce que je suis tout fier de moi d'avoir compris: avant la primauté était plutôt à
l'orthogonale, avec des normes et des lignes fixes, en peinture comme en écriture. Avec le surréalisme et l'exploration de la pensée et tout ça, on en est venu à des dimensions plus organiques
et proches de l'inconscient pour "rentrer" dans les choses au lieu de rester en surface (cf: le mou chez Dali, l'écriture automatique chez Breton, etc) puisqu'on essayait de toucher à la
physiologie humaine (révéler et comprendre ce qu'on a dedans de nous). Du coup, on a fait des trucs avec des formes arrondies, des couleurs qui pètent, parce que ça parle à l'inconscient et que
ça reproduit l'effet organique de l'esprit et de tous ses méandres.
C'est comme ça qu'on est arrivé au
psychédélisme (psychédélein en grec: "réveler l'âme"), période où tout le monde fumait tout plein de pétards et prenait du LSD, où tout le monde voulait libérer tout le monde. Du coup,
en même temps que le cul, on a aussi libéré les formes, les couleurs, et on a sorti l'écriture des normes en la faisant gondoler, l'amolissant, bref: en la fondant avec le reste. Voulant surfer
sur cette mouvance, même des mecs comme Johnny Hallyday ou Herbert Léonard ont utilisé cela pour designer leurs pochettes d'albums (que l'on peut voir dans l'expo parmi d'autres curiosités
psychés). Planant, non?