Jeudi 5 novembre 2009
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Ce qui caractérise l'espèce humaine c'est sa conscience. Ca paraît con comme ça, mais ce qui nous sépare de l'animal lambda (poilu, sale, et tout et tout)
c'est le fait que nous avons conscience que nous existons. C'est ce petit truc en plus par rapport aux autres espèces humaines qui nous a menés au bon bout de la chaîne alimentaire. L'Homme
savant (donc sapiens) n'a eu de cesse d'inventer pour nour rendre la vie meilleure. En comparaison, le lion, à la base super balèze par rapport à l'Homme, n'a rien inventé et en est
resté à sa condition de flemmard de la savane (c'est bien joli de rugir et faire le beau quand on sait pas cuire un oeuf).
Ce qui motive l'Homme savant à inventer ou à penser de nouvelles choses, c'est son extrême capacité à ne jamais se satisfaire de ce qu'il a.
Vous en avez surement fait l'expérience plusieurs fois, dans votre vie de tous les jours, et c'est même devenu une expression consacrée, immortalisée sur grand écran:
c'est le célèbre "si j'avais su". Ben oui, si j'avais su, j'aurais attendu les soldes, si j'avais su, je n'aurais pas mangé la peau de mon confit,
si j'avais su, j'aurais pas v'nu. De façon presqu'automatique, on n'est jamais heureux du changement, puisque l'Homme savant nous a appris à nous
sédentariser (disparition des nomades), c'est-à-dire à nous habituer aux habitudes. On n'est jamais content quand on sort de chez le coiffeur, et on critique tout le temps les nouvelles versions
de Facebook quand elles sortent. Et en plus, on a changé d'heure y'a une semaine.
L'actualité du moment, chargée comme une haleine de poivrot-qui-attaque-à-10h, est l'occasion de faire un peu le point sur quelques trucs qui ont vraiment changé ces dernières
années. Parce que si on y pense...
... il y a quelques années, la France était sportivement un pays de bras cassés. On était à
peine surpris quand le PSG de Vincent Guérin se faisait éclater par une équipe de deuxième division suisse. On avait inventé une superbe expression à la limite de l'oxymore pour qualifier les
performances françaises (tout sport confondu): "Défaite encourageante". Je vous raconte pas quand on gagnait.
Et regardez maintenant: on est champions en monde de foot (ça fait longtemps mais bon), en handball, en natation, en judo, en escrime, etc. Personne ne s'étonne des
victoires éclatantes de Bordeaux à Munich ou de Lyon à Liverpool. A l'époque, on aurait trouvé normal de prendre une bonne branlée, mais "en s'étant battus comme des lions", ou en ayant concédé
une "défaite qui ne reflète pas la physionomie du match".
... il y a quelques années, personne ne pouvait penser que les Etats-Unis
puissent élire un président afro-américain. Même dans les films de blaxploitation des années 70 ils n'y avaient pas pensé. Quand on voyait ce qu'était devenu le pays de l'oncle Sam sous Tonton
Bush (dur de prendre l'avion ou d'être français à l'époque), c'était difficile d'être optimiste quant à l'avenir de la paix dans le monde.
Et ben ça c'est passé il y a tout juste un an. Il y a tout juste un an, un lundi de novembre à 6h du matin heure française, nous assistions au discours d'Obama, des
frissons dans tout le corps en révisant nos modaux anglais "Yes we can". Depuis, il a même eu le prix nobel de la Paix.
... il y a quelques années, Michael Jackson était toujours en vie. A
peu près quarante ans qu'il trustait les ventes de disques, depuis ses années Jackson Five à Invicible, personne ne pouvait imaginer qu'il pouvait mourir si jeune.
Ben oui, faut bien se mettre en tête que nos enfants grandiront dans un monde sans Michael Jackson. Désormais, quand on regardera Retour vers le Futur II, on
aura une petite pointe au coeur quand on y verra Michael Jackson en vie en 2015. A l'échelle française, c'est comme si Johnny Hallyday mourrait demain et qu'on continuait à passer les pubs Optic
2000 à la téloche. Le choc.
... il y a quelques années, on ne mourrait pas forcément d'un rhume
de métro, d'une mini-grippe ou d'un lendemain de cuite. On ne pouvait pas s'imaginer ne plus s'embrasser à pleine bouche dans la rue ni ne plus se serrer la main. La toux est devenue un
terrorisme comme les autres, et se moucher aussi dangereux que de traverser une meute de loups avec du jambon dans le slibard.
Ben ça y est. Plus ça va aller, et plus il va devenir difficile de mourir de vieillesse. Et puis voilà qu'il y a quelques jours, Claude Levi Strauss (ben oui, comme les
jeans, mais ça n'a rien à voir en fait) meurt à 100 ans. Ethnologue spécialiste des cultures américaines, on peut dire que tout au long de sa vie, il a dû croiser tout un tas de maladies et
échapper à je-ne-sais-combien de turistas. Après toutes ses aventures, dans des endroits plus insolites les uns que les autres, après tout ce qu'il a vu et vécu, voilà qu'il s'éteint
tranquillement, dans son lit, à quelques jours de son 101ème anniversaire, sans rhume ni masque sur le nez. Et pif!
Par Nico
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Publié dans : Le blog qui dit tout sur rien
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