Lundi 19 octobre 2009
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Comme je le disais précédemment, certains boulots réservent bien des surprises, parfois bien
au-delà de se qu'on peut s'imaginer. Par exemple, je suis bien persuadé qu'un magicien qui fait ses spectacles avec des lapins et tout et tout, est incapable le soir venu de transformer un billet
de 5 euros en 50 euros, ou bien de changer la pisse en champagne (pardon pour l'image).
Au-delà de ce que j'ai pu constater la dernière fois, le boulot de prof réserve encore et toujours
quelques surprises: en plus de se retrouver catapulté Grand-Maître-de-la-Dispense-de-Savoirs (ce que j'appelle le "Père Fouras Effect"), le prof devient la cible des
T'as-vu-comment-il-est-sapé-aujourd'hui (ce qu'on appelle le "Paris Hilton Effect"). C'est sur ce-dernier que nous nous attarderons aujourd'hui:
Tel un mannequin bon marché, un top model du pauvre, le prof qui déambule dans la classe est par la force des choses la cible des regards acérés des élèves. 30 paires d'yeux qui vous
dévisagent des pieds à la tête, ça fait forcément de la casse.
Ainsi le matin, dès le lever, il faut faire gaffe à beaucoup de choses pour ne pas perdre la face:
Devant la glace à 6h du matin, guettez les cacas d'oeil ou les épis
rebelles. On ne vous manquera pas et surtout: on vous le fera remarquer. Evitez du même coup de vous couper les cheveux, pour éviter les Woouuuuuu-le-prof-il-a-fait-la-coupe. Ce matin,
j'ai failli coller un élève pour m'avoir fait remarquer que le coiffeur avait eu la main lourde sur les ciseaux. Comme il avait un peu raison, je n'ai rien fait (pour ne pas perdre la face).
Sinon, le contre-pied est de jouer avec leurs nerfs en cultivant une haleine de poney (recette classique: café-clope-clope-café) assortie d'une coupe spécial Get-of-the-bed (que le Jeune, mine de
rien, affectionne de plus en plus). Après tout, on fait encore c'qu'on veut, diantre.
Devant votre armoire à 6h30, pensez à ne pas mettre plusieurs fois d'affilée la même veste, pour éviter les Wouuuuuu-le-prof-il--a-tombé-sa-veste-du-mardi. Le
cas échéant, changez également de chemise tous les jours, même si elle n'est pas sale, pour la même raison. Inutile de rappeler qu'il faut choisir un bon déo, pour éviter les auréoles et les
Wooouuu-le-prof-il-est-chaud-bouillant-on-dirait-qu'il-a-couru-après-le-bus. Le Jeune, attentif au moindre détail, est impitoyable s'il sent la moindre faiblesse, même corporelle.
Devant les élèves à 7h55, portez des trucs qui vont les flasher, ou des supers t-shirts mi-fashion/mi-classos, aux messages éloquents et parlants pour le Jeune qui est en
face de vous en trente exemplaires. N'oubliez pas que vous êtes désormais un exemple en devenir pour le Jeune, qui cherchera à deviner votre marque de t-shirt préférée et votre pointure de shoes.
D'ailleurs, veillez à ne jamais au grand jamais porter de mocassins à pompons, pour éviter les Wooouuu-le-prof-il-a-mis-les-shoes-à-son-grand-père. Du coup, petite précision: ne mettez
pas les shoes-à-vos-grands-parents, ni les vestes-à-papa.
Dernier conseil: évitez le noir si vous écrivez à la craie, pour ne pas faire penser que votre tête est un nid à pellicules (ça non plus, ça ne pardonne pas, d'autant plus qu'on ne s'en aperçoit
pas tout de suite). En gros: supporter le fait de se triturer tous les jours la tête pour savoir comment se saper. Un peu comme Paris Hilton.
Prof, c'est donc des heures et des heures de défilé quotidien, et ce sans filet. La moindre trace de craie sur le front ou de feutre sur la chemise, et vous êtes grillé. Le
moindre bouton disgracieux ou crotte de nez qui sort d'une narine "pour faire coucou", et vous provoquerez trente sourires moqueurs qui ne vous lâcheront pas ou pire: vous donneront un
surnom.
Et surtout surtout, il faut faire un bon cours pour aller avec, sinon tout ça ne sert à rien.
Comme Paris Hilton.