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Un an déjà, et tout le monde en parle encore. C'est bien connu, l'être humain aime se souvenir, c'est comme ça. On ne va pas s'en plaindre, si vous allez par
là, parce que sinon adieu Noël et compagnie. On adore les dates, on fête tout et n'importe quoi: les anniversaires, les dates de mort, les évènements sportifs et politiques, de l'invention de
l'avion à l'invention de la lingette à cul, tout y passe. Un an déjà donc, et vous verrez que dans neuf ans, on fêtera en grande pompe les dix ans de la mort de Michael Jackson.
Si tout le monde se souvient du côté obscur du King of the Pop (son penchant pour les enfants et les manèges, son amour pour le botox et le
contre-plaqué esthétique), il faut bien avouer que Michael Jackson laissera une trace bien plus mémorable. Star à cinq ans, une quasi-révolution de la musique de l'époque, son extraordinaire
destin amène les scientifiques à s'interroger, MJ était-il un fou ou un génie? A tel point que de sérieuses études le comparent même à Mozart, de par sa précocité et ses immenses dons
musicaux.
L'étude (dont je vous passe les détails) est super claire et documentée: les parallèles entre Mozart et Jackson ne manquent pas, tant au niveau intime
que musical. En conclusion, les quelques 200 psychologues, pédo-psychiatres et enseignants en sont arrivés au fait que Michael Jackson, au même titre que Mozart, peut être présenté comme un
cas-type d'enfant surdoué.
L'Homme aime donc les anniversaires et les parallèles, ça lui permet de donner un sens à l'existence et l'humanité, on va pas lui en vouloir. Du coup, on pourrait même aller encore plus loin, tant qu'à faire autant se faire plaisir, et créer une sorte de degré zéro, oublions les parallèles: superposons. Tentative:
Wolfgang Jackson naît le 28 août 1756 à Salzbourg-sur-Angeles, dans une famille tellement nombreuse qu'elle aurait pu à elle seule former une équipe de
foot (remplaçants compris). Très tôt, il montre une aptitude toute particulière pour la musique, puisqu'il reproduit à merveille les pas de James Brown tout en retranscrivant d'une main et d'une
oreille le Miserere de Gregorio Allegri.
Du coup son père, Léopold Jackson, imagine très rapidement tout le blé qu'il peut se faire avec son prodige de fils, et lui fait faire le tour des cours de l'époque, de Munich à Paris, en passant par New-York et Las Vegas. Il a à peine dix ans quand il trouve le succès avec I Want You Back en ré mineur op. 12 K.25, qui lui vaut les louanges des grands pontes du moment, de Diana Ross à Schubert.
Cela dit, même si les succès s'enchaîne, (ABC fan tutte, Figaro'll be there), Wolfgang ne sent pas complètement serein: la pression familiale l'étouffe
de plus en plus, et il aimerait enfin se détacher des mécénats pour signer dans une maison de disque sans papa ni ses frangins. C'est chose faite lorsqu'à l'âge de 17 ans il signe son premier
contrat solo chez Epic.
Si niveau cul, c'est pas le Pérou (échec de son mariage avec Constanze Presley et quelques penchants pour les moins de 18 ans), Wolfgang bosse toujours comme un acharné. Sa petite entreprise ne connaît pas la crise, et Don Thriller à Off the Flûte Enchantée se vendent à des millions d'exemplaires. Lors de sa dernière tournée, il fait un tabac du tonnerre avec son nouveau pas de danse, le Moonwalk, sur un solo de clavecin allegro.
Plus ça va, plus Wolfgang perd les pédales, beaucoup trop jeune pour affronter calmement les immenses attentes que tout une génération a placées en lui. Inexorablement,
tout à une fin. Wolfgang, trop jeune, meurt dans des circonstances étranges et non-élucidées. C'est ça le problème quand on est surdoué, on a autant d'ennemis que d'admirateurs. Alors, erreur des
médecins? Complot franc-maçonnique? Le mystère reste entier.
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