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Pendant les vacances de Noël, comme il fait froid et pas beau, on
reste bien souvent chez soi à se tricoter des pulls avec les poils du chien. On boit des litres de thé, on enfile huit paires de chaussettes, et notre phrase préférée est "La vache, il fait trop
froid". On se traîne de radiateur en radiateur, en grelottant avec exagération, avant de finir enroulé dans une couverture, comme une tortilla congelée, devant la téloche.
La téloche, en ces temps froids de vacances, est notre dernier ami: celui qui est toujours là, qui vient dès qu'on l'appelle pour nous divertir et nous réchauffer le coeur. Allumer la télé
pendant les vacances de Noël, c'est ce que je préfère.
Bien
entendu, pendant les vacances de Noël, la téloche nous saoûle de bêtisiers et de zappings, pour ceux qui, par malchance, auraient rater le fou rire de Jean-Luc Reichmann pendant la "question
coquine" d'"Attention à la marche". Je passe sur l'overdose de programmes qui ne fait que nous montrer que la télé finit toujours par nous rattraper: imaginez quelqu'un ayant vécu sans télé
pendant un an: un après-midi passé devant pendant les vacances de Noël, et il a rattrapé son retard. Dégoûté.
Non non, ce que je préfère à la télé pendant les vacances, c'est les séances ciné de l'après-midi. Tous les ans, tous les après-midi des vacances, il passe les films les plus incontournables de
notre plus tendre jeunesse. Pour les non-initiés, c'est l'occasion rêvée de combler ses lacunes cinéphiles:
En tête de gondole: les dessins-animés. De Brisby à Dumbo en passant par le Noël de Mickey ou la totale d'Astérix, tout y passe. Quelle joie de retrouver des yeux d'enfants en retombant sur ces
tartes à la crème du dessin-animé, et se souvenir avec nostalgie de la scène où Petit-Pied sort de son oeuf, c'est trop meugnon.
Viennent ensuite toutes les comédies françaises ou américaines des années 70 (pour les films français) ou 80 (pour les films américains).
Ainsi, pendant Noël, la France est obligée de se retaper la Grande Vadrouille, la Folie des Grandeurs ou Le Père Noël est une ordure. Symboles de l'âge d'or du cinéma français, ces comédies qui
ne vieillissent pas (enfin, un peu quand même) nous rappellent nos jeunes années, quand nos parents, jeunes à l'époque, louaient les VHS en nous apprenant à rire devant les Tontons
Flingueurs.
Heureusement, il y a les indémodables américains, pour la culture fun. Les américains sont assez forts dans le domaine, puisqu'ils arrivent à pondre des films spécialement calibrés pour Noël, qui
ne sont diffusés qu'à cette période: c'est le cas de tous les films avec des animaux qui parlent (Beethoven, cette semaine), ou dont les enfants sont les héros (Hook, Jumanji ou bien le
cultissime Goonies), ou bien tous les films d'action mais garantis sans effusion de sang (Le flic de Beverly Hills ou encore les Gremlins).
Les vacances de Noël à la télé, c'est la magie prouvée par a+b que tous les petits enfants de France depuis une quinzaine d'années tombent systématiquement sur les mêmes films. Et puis au moins,
ça tient les gosses tranquilles pendant que les parents bossent.
La télé pendant Noël, c'est donc un des éléments qui nous aide à fonder une culture (ciné) commune.
Trop puissant la télé.