Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 16:46

images-copie-3.jpg     On dirait bien qu'on en a enfin fini avec l'hiver, c'est pas trop tôt, deux semaines de plus et je me rachetais une paire de gants, et tout ça alors qu'on est fin-mai, cette ville me rend dingue. Quand l'hiver se prolonge un peu trop, on a tendance à se recroqueviller sur nous-même, enveloppés dans des couettes ultra-épaisses à boire du Nesquick à longueur de journée. Dehors, il fait si froid qu'on a les mains qui craquellent, les lèvres qui gercent et le moral qui tombe en flèche. 

 

 

 

images-copie-4.jpg       Pour se rassurer, on s'imagine alors tout ce qui nous attend, tout ce qu'on aimerait faire s'il faisait vingt degrès de plus, et tout ce qu'on pourrait faire si on était en plein été à se baigner dans le ricard. Alors on regarde par le fenêtre, et on guette le moindre rayon de soleil dans le ciel de Paris, se disant que merde, il va bien faire beau un jour, c'est pas possible autrement, et dire que cette ville est une capitale, on se demande...

 

 

 

images-copie-5.jpg     Et puis soudain, le soleil refait surface. Au début on n'y croit pas trop, du genre "tu m'as déjà fait le coup à la mi-mars, et puis on s'est tapé trois jours de grêle". Puis on regarde le calendrier, et on se dit que finalement, arrivé fin-mai, il ne serait pas impossible que l'été arrive à petits pas, même à Paris, le tout c'est d'y croire. Alors on se rappelle de tout ce qu'on pourrait faire et de tout ce qu'on aimerait faire: le retour de l'été, c'est Noël le 25 mai.

 

 

 

  images-copie-6.jpg      Au début, on est tout hésitant, on se dit qu'on va aller profiter du soleil dans un parc, mais sans se découvrir de trop, parcequ'après tout la grêle n'est jamais bien loin. Alors on y va mollo, on guette le ciel toutes les cinq minutes, attendant le moment fatidique où le temps parisien reprendra ses droits. Et puis finalement non, la journée passe sans encombre, on rentre soulagé mais pas encore victorieux, "prudence est mère de sûreté" comme dirait ma grand-mère.

 

 

images-copie-7.jpg        Mais ma grand-mère disait aussi qu'"il faut battre le fer tant qu'il est chaud", et retenter sans plus tarder l'expérience, allez c'est parti, demain il va faire beau, on retourne au parc. Armé de confiance et de motivation, on se détend un peu plus, se laissant même aller à sortir les tongs et les robes légères, tiens mais qu'est-ce que c'est que ça? Ah oui, un coup de soleil, j'avais oublié. On commence à toucher du doigt tout ce qu'on voulait faire, on repense au Nesquick et à la couette, fuck la grêle.

 

 

images-copie-8.jpg      En faisant un rapide tour d'horizon au parc, on retrouve toutes les tribus qu'on avait quittées le 31 août et qu'on avait oubliées. Comme les oiseaux migrateurs ou les autres animaux qui hibernent, le retour de certaines tribus annoncent l'arrivée du beau temps, ou vice-versa. Parmi elles, outre les éternels familles-à-gamins-qui-courent, les amoureux-qui-partagent-la-même-serviette et les jeunes-qui-muent-à-casquettes, une d'entre elles attire systématiquement notre attention.

 

 

images-copie-9.jpg       Simplement vêtus d'un pantalon qui moule le cul mais pas le reste, les danseurs de capoeira se présentent comme les phénix des hôtes de ces bois. Percus à donf' et applaudissements forcés, les danseurs de capoeira s'installent généralement en plein milieu du parc, histoire que tout le monde puisse profiter de leurs corps huilés de sueur et sculptés dans la douleur. Comme toute tribu qui se respecte, il y a un chef, qu'on reconnaît parce que c'est le seul à faire des sauts périlleux. Les autres se contentent de regarder, sautent d'un pied sur l'autre et se tâtent les abdos en prenant un air décontract'. That's it.

 

 

 

images-copie-10.jpg On se dit que merde, si c'est pour se tripoter les abdos en exhibant son sourire ultra-bright, ils ont qu'à rester chez eux ou mieux: sortir en boîte. Ben oui, on retrouve cet état d'esprit ultra-critique spécial-été. Car il ne faut pas oublier que l'été, c'est aussi passer des heures allongés à observer les autres, tiens regarde celui-là s'il est pas beau dans son slip rose, j'aimerais lui faire manger sa pelle et son rateau à cette gosse, etc. Rien de plus normal après tout: l'été c'est le retour de la vie en société, après environ huit mois passés à hiberner en mangeant de la raclette, alors forcément, ça fait des dégâts.

 

 

 

Bref, on dirait que l'été revient, il ne manque que l'odeur de la merguez trempée dans le monoï.

 

 


Par Nico - Publié dans : Le blog qui dit tout sur rien
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