Dimanche 24 janvier 2010
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Le tyrosémiophile est, comme son nom l'indique, un adepte de la tyrosémiophilie. Ces deux mots sont de ces mots incompréhensibles qui désignent des choses
pourtant super simples. Mais comme on est au temps où l'aspect scientifique est un gage de qualité et qu'on n'arrête pas le progrès, on a creusé dans l'ancien grec pour inventer de nouveaux mots
pour de nouvelles choses. Et puis ça donne un petit côté mystérieux qui n'est pas sans déplaire aux adeptes de nouvelles sensations.
Le domaine le plus touché par ces
nouvelles choses qui demandent de nouveaux mots, c'est le domaine très privé de la collection. Avec la tonne de milliers de trucs qui nous entoure, de fil en aiguille, tout devient
collectionnable. Absolument tout. D'ailleurs c'est ici le danger. Attention! On dit collection quand c'est une passion, collectionnite quand c'est une maladie... Ben oui, à
nouvelles choses: nouveaux mots, donc nouvelles maladies, ou l'inverse.
Collectionner des trucs,
ça permet, quelque part, de fixer le temps. Enfin, d'essayer. Qu'est ce que la philatélie, par exemple, si ce n'est un art qui consiste à dresser puis à étudier l'Histoire autrement que
via un manuel scolaire. Le philatéliste est donc une sorte d'Indiana Jones nouveau, mises à part les charentaises qui ont remplacé le fouet et chapeau. Le collectionneur se lance sur des
pistes, enquête, évalue, et va parfois jusqu'à se battre pour arriver à ses fins.
La colletion ou collectionnite selon les cas est souvent assimillée à un virus (d'où collectionnite = maladie, vous suivez?). Quand on interroge un collectionneur sur
les raisons de sa passion, la réponse la plus commune est "j'ai attrapé le virus quand j'étais petit". Comme la varicelle, la collectionnite s'attrape quand on est gamin.
Alors, qu'est-ce que peut bien collectionner le tyrosémiophile? Réponse en image:
Le tyrosémiophile est donc un adepte de l'Histoire fromagée, et c'est pas rien. Sous ses airs bon enfant, le monde de la tyrosémiophilie (que ce mot est long) est un
monde très complexe dans lequel il faut se plonger à corps perdu si on veut pouvoir le décrypter. Quand on s'y intéresse un peu, on se rend très vite compte que le camembert accompagne non
seulement un bon vin rouge, mais aussi toute l'Histoire de France. Il existe ou a existé des camemberts spécial-Débarquement, des camemberts spécial-mai 68, des camemberts dédicacés, j'en passe
et des meilleurs.
Par exemple, un article de presse (que
je vais ici citer) remontant aux années 1900 se livrait à la tyrosémiophilie et à l'étude de la mythique boîte à fromage que le monde entier nous envie. L'article part d'une petite boîte de
"Camembert extra" avec dessus Napoléon, surnommé le Petit Caporal. Un camembert entier double-crème. Et bien on nous explique qu'à cette époque, l'ère de Napoléon-Empereur-des-français était déjà loin, et
que le Petit Camembert (après le Petit Caporal) prenait ainsi la relève dans le coeur des français: un empereur extra, entier, et double-crème. Dans nos frigos de maintenant, plusieurs camemberts se disputent le bac du bas: le fier Président, le généreux Coeur de Lion, le chaleureux
Rustique, etc. Y'a plus qu'à (bien) choisir.
En deux mots: le fromage c'est la vie, la boîte de fromage c'est l'Histoire de la vie.
Par Nico
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Publié dans : Le blog qui dit tout sur rien
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