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Tout s'explique, même l'inexplicable. C'est pour ça que l'Homme, dans son besoin infini de savoir donc: de maîtriser, a inventé les mathématiques, et toutes
les sciences qui vont avec. C'est super génial les maths, parce qu'on se rend compte que tout est calculable donc: compréhensible. Du coup, de PES 2010 aux résultats des élections régionales, on
nous inonde de camembert, graphiques, courbes, statistiques, prévisions, échelles de valeurs et autres fonctions affines. Un de peu de couleurs, des légendes qui tuent et hop! le tour est joué,
l'obscure réalité du monde est à la portée du plus con.
Aujourd'hui, par exemple,
c'est jour de grève, comme beaucoup de mardis dans l'année, finalement. La grève, c'est facile à comprendre: on n'est pas content, alors on le dit à son voisin, qui se rend compte qu'il n'est pas
content non plus, qui va le dire à son voisin, etc. C'est exponentiel. Du coup, on finit par être des centaines de milliers à ne pas être contents, alors on se regroupe par ce qu'on appelle des
syndicats, et on prévoit de tous se donner rendez-vous un jour précis pour dire qu'on n'est pas content.
Une fois les manifs terminées, on se
précipite sur les chaînes d'information, pour voir si le mouvement a été suivi et, accessoirement, si on n'aperçoit pas un bout de votre doigt pointé vers le ciel comme pour défier la
toute-puissance qui nous gouverne. Alors revoilà les mathématiques, les camemberts, les pourcentages de participation par rapport au taux d'humidité dans l'air. Et là, à chaque fois, c'est le
choc: personne ne tombe d'accord sur le nombre de manifestants, alors on livre avec un air mal à l'aise des fourchettes allant de 17 à 42%, pourquoi 42 et pas 43, me direz-vous.