Partager l'article ! Voyage au centre du Chili: L'aventure, c'est par définition ce qui nous sort de l'ordinaire: un nouveau chemin pour all ...
Tout partait d'une bonne intention, d'une envie de rompre avec la monotonie de l'éternel duo pâtes/fromage. Parfois, il faut savoir prendre des risques, et sortir des
sentiers battus pour s'aventurer dans les méandres de la recherche culinaire qui fait du bien au corps et à l'esprit.
Dans la poêle,
tout ça a vraiment une bonne gueule. Les oignons chantent, les poivrons crépitent, les haricots caquettent, c'est le soleil, c'est le sud qui frissonnent au fond de la Téfal. Que de saveurs et
d'odeurs qui assaillent mon nez et excitent mon imagination! Mais que faire avec cette petite poêlée du bonheur? Quelle musique faire jouer à cet orchestre de légumes colorés? Je réfléchis, je
réfléchis, consulte tout un tas de sites internet car je me sens con comme une poule qui aurait trouvé un couteau, pour finalement me laisser le temps de la réflexion en ouvrant une bouteille de
rouge..
Il ne faut
jamais réfléchir trop longtemps devant une poêle pleine de légumes. En effet, si la nature déteste le vide, il en est de même avec l'estomac humain. Dans un élan de créativité, je décide donc de
verser dans ma poêlée 100% vitamines-0% calories quelques 800 g de viande hachée. Ô bien entendu, mesdames et messieurs les jurés, je pensais bien faire, car la viande hachée c'est pas
lourd. Sous mes yeux encore mouillés d'excitation et de jovialité, mon sauté de légumes commence de plus en plus à ressembler à quelque chose que je connais déjà très bien: le chili con carne
en conserve... (cri d'horreur, vomi, puis syncope)
Voilà maintenant 1h30 que tout ça est en
train de bloubloutter et d'accrocher à la poêle. Dans l'espoir d'égailler le tout et de rendre à mon plat ses couleurs d'origine, je décide de verser un mélange d'épices prises au hasard sous
l'évier. Plus ça mijote, plus j'en suis sûr et certain: ce que je vois flotter à la surface est bien un mélange d'huile et de gras de viande hachée. Vous savez, un peu comme l'huile qui se forme
à la surface d'une raclette. Tous mes poivrons, mes oignons, mes carottes et mes tomates se trouvent dissous, détruits, rongés par le cocktail de gras-qui-tâche qui flotte à la surface en me
narguant.
C'en est
bel et bien terminé de mon plat minceur et tradition. Alors je m'énerve, je peste contre moi-même et mon inévitable réflexe de rajouter du gras dans tous les plats. Pour me calmer, j'ouvre ma
troisième bouteille de rouge, et décide que tant qu'on y est, autant y aller pour de vrai. C'est alors que, pris d'une folie destructrice je me jette la bave aux lèvres dans le frigo, pour en
ressortir avec deux sachets de gruyère râpé Entremont. J'ouvre les paquets avec les dents, et je les verse en deux fois: l'un pendant la cuisson pour faire une sauce fromagée, l'autre après pour
que ca gratine. Tant pis pour moi et mes élans de bouffe diet.