Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 17:46

615447649    Les vacances ne viennent jamais seules. Un peu comme le coca et le whisky, les pâtes et le gruyère râpé, qui dit "vacances" dit immanquablement "départ en vacances".  Le départ en vacances, c'est ce qu'a inventé l'Homme du monde pour pouvoir communier une dernière fois avant de se disperser dans le monde entier. Le départ en vacances consiste en très très peu de choses, mais exige une synchronisation parfaite: il faut tous partir en même temps en empruntant les mêmes trajets.

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  Le départ en vacances, c'est fantastique, car c'est une preuve de plus que, malgrè tous les efforts qu'on puisse faire pour se sentir unique, on est quand tous autant qu'on est des moutons de sa mère qui peuvent pas attendre 24 h de plus avant de partir en vacances. Alors au même moment, on s'entasse tous dans les gares, surchargés et congelés par le froid, avec la petite dose de stress qu'apporte toujours la SNCF dans ces moments-là.


L'occasion était donc trop belle, hier, sur la ligne Paris - Perpignan, pour se livrer à quelques observations sociologiques dans le TGV:

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1. Le couple de retraités qui part à l'aventure chez des amis retraités dans le Sud.
Bien qu'il soit à la retraite, le couple de vieux prend quand même le train avec les gens qui bossent, pour ne pas se sentir trop à l'écart. Ca se comprend. Le couple de vieux, comme son nom l'indique, est vieux: c'est-à-dire qu'il gueule quand le contrôleur leur demande le billet, ils gueulent quand il y a la queue aux toilettes, etc. Le couple de vieux se sent obligé d'appeler ses enfants à toutes les gares du trajet pour localiser leur position, et rappeler aux autres passagers qu'ils descendent à Sète (ce qui signifie: "Pensez à dégager le passage après le départ de Montpellier"). En gros, toutes leurs phrases se terminent par "Bref, on n'est pas rendus" ou "Pense à sortir les chiens".


2. Le groupe de jeunes qui part s'encanailler dans le Sud.
Généralement, ils prennent les places qui vont deux par deux, vous voyez, celles où on se retrouve face à face. Composé exclusivement de jeunes filles de 18 à 21 ans, le groupe de jeunes intéresse toute la rame de train avec ses questions philosophiques sur la vie, la mort, l'amour et le dernier Gloss de chez Gemey. Elles descendent à Narbonne, parce qu'une copine à elle les a invitées à une super teuf ce soir, où y'aura le beau Quentin, avec qui elles ont chaté sur Facebook. Le seul truc qui les inquiète, c'est qu'il "paraît qu'il a un gros accent du Sud. J'espère qu'on arrivera à le comprendre". Ambiance Chaleur dans la rame de train.


3. Le mec à l'arrache qui ne sait pas vraiment qu'il est dans un train pour le Sud.
Rebelle des chemins ferrés, le mec à l'arrache ne s'assied pas avec les autres passagers dans la rame, soit parce qu'il n'a pas de billet, soit parce qu'il n'arrive pas à retrouver sa place. Pour asseoir sa réputation de rebelle, le mec à l'arrache n'hésite pas à s'allumer clope sur clope devant les toilettes, ce qui lui permet de commenter à voix haute et pour le plaisir des passagers les aller-venus des filles du groupe de jeunes. Le mec à l'arrache dans sa superbe, arrivé à Sète, n'hésitera pas à remettre le couple de vieux à sa place en leur rappelant gentiement que "vous faîtes chier les vieux, vous avez tout votre temps".


4. La petite mamie qui rentre chez elle dans le Sud.
Ce sont ses enfants qui l'ont aidée à s'installer dans le train, ce qui a encore plus encombré le passage, énervant du même coup notre charmant couple de retraité. La petite mamie se tient calme tout le long du trajet, se contentant de tousser bruyamment de temps en temps pour manifester sa présence. La petite mamie descend à Perpignan, et comme elle a du mal à marcher, elle entame son départ dès la gare de Nîmes. Pour les autres passagers, c'est un comme si une petite mamie jouait toute seule à un, deux, trois, soleil! puisqu'elle profite de tous les arrêts du train pour se rapprocher de quelques places de la sortie. Presqu'arrivée, elle est réceptionnée par le mec à l'arrache, qui lui fait la conversation pendant les quelques minutes restantes.


5. Le jeune qui rentre chez lui dans le Sud.
Chargé comme une mule, c'est le mec qui ne trouve sa place dans le train qu'une fois qu'il est parti. En fait, il avait confondu son numéro de place et le numéro de la voiture. Après avoir dérangé toute la rame de métro, il finit par s'installer contre la fenêtre et arrive à s'endormir la joue plaquée contre la vitre. Il est réveillé par des filets de bave qui gouttent sur sa main, se mouche bruyamment, et se rendort. Ce mec, c'était moi.


Par Nico - Publié dans : Aventures low-cost - Communauté : Tel est le monde !
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