Blog 'N' Roll

     Boîtes de nuit, piscine, plage, châteaux de sables, chouchous et beignets aux pommes, l'été ne manque pas de ressources pour divertir les touristes au bronzage raté que nous devenons tous un moment ou à un autre une fois les vacances déclarées ouvertes.
Mais bon, le rythme de vie boîtes de nuit et vacances, c'est bon pour les semaines passées à Ibiza. N'ayant plus la constitution biorythmique pour assumer des gueules de bois à répétition en cramant sous le soleil, j'ai tenté autre chose. Expérience.




     Parce que l'été le vaut bien aussi, les fêtes foraines fleurissent un peu partout sur les parkings de nos stations balnéaires. Aux noms oniriques (terminant par "Park" le plus souvent), les fêtes foraines sont un peu comme les toilettes dans un lycée: on passe tous devant, mais seuls les plus téméraires s'y arrêtent. Armé d'envie, de motivation et de pièces de vingt centimes, je suis donc allé à la foire la plus proche, parce que j'aime l'aventure, et que je m'ennuyais aussi un peu.



    Je me chauffe en tentant vainement d'attraper une peluche moche avec une pince défectueuse. Un peu comme un jeu vidéo en live, on dirige un crochet pour attraper les dernières reproductions-peluchées de mauvais goût du moment. Un bruit strident à chaque fois que le crochet avance pour percer les oreilles, le crochet se rouvre par magie dès que vous croyez avoir attrapé le dauphin mauve borgne mais qui sourit bref: vous devenez fous, et pire si vous faites un peu d'épilepsie. Quinze parties perdues plus tard, je jette l'éponge. De toutes façons, la peluche m'aurait encombré dans le Vomitor.



Le Vomitor, c'est comme ça que nous avons baptisé, mon frère et moi, cette sorte de gros bras métallique qui vous fait tourner le plus vite possible par pack de 6.
Un harnet de sécurité pas si secure vous retenant la poitrine, et José appuie sur le bouton ON de sa machine infernale. Au début, ça va, ça tient plutôt bien, mais ça accélère très vite, et en un regard, nous comprîmes que le Kebab-frites-sauce blanche avalé juste avant ne fut pas la plus grande idée du siècle. Je crois que spécialement pour nous, José avait allongé notre tour de manège, puisque nous ne sommes descendus que ving minutes plus tard. Les organes en kit à l'intérieur, un teint livide et une tong manquante à l'extérieur: ce fut le bilan désastreux de ce manège. Un petit conseil: n'y allez surtout pas pour impressionner, échec garanti.



    Bon, pour se reposer, on a fait la maison des glaces, histoire de tester notre sens de l'orientation. Comme on s'en doutait, ni mon frère ni moi n'avons la moindre goutte de Lara Croft dans les veines, et il nous a fallu trente minutes pour sortir excédés et honteux de cette saloperie de labyrinthe.
No comment.



     Enfin, nous avons terminé par un petit jeu d'adresse, qui avait attiré nos yeux par la pancarte "Pas de perdants". Qu'à cela ne tienne. Dans ce jeu, il faut faire rouler des boules de billard pour les rentrer dans des trous. Suivant le trou atteint, on gagne de 10 à 100 points. Suivant les points cummulés, on gagne un lot. On a alors découvert que ce jeu-là n'était pas fait pour nous non plus.
Alors que les jeunes filles à côté de nous enchaînaient les performances et soulevaient les foules admiratives de leur dextérité et de leur acuité, nous n'avons recueilli que les encouragements timides d'un groupe de chinois en villégiature.


Au moins, on a gagné quelque chose: une pâte à prout, qui fait "prout" quand on la tripote.

La classe, quoi.


Ven 19 jun 2009 Aucun commentaire