Blog 'N' Roll
Cependant, saluons une nouvelle tendance du cinéma américain.Dans les films américains sortis depuis au moins un an, les scénaristes et réalisateurs ont enfin eu le courage de montrer une bande de potes telle qu'elle est vraiment: unie et infinie dans sa débilité une fois le seuil des 2g passé. Depuis quelques temps, on ne trouve plus dans les films américains le super beau gosse entouré de ses potes nazes, mais bien des bandes de supers potes nazes. Plus de seconds rôles, mais que des premiers rôles.
Tour d'horizon.
Désormais, les héros des comédies du pays de
l'oncle Sam sont des loosers patentés, des maladroits un peu gauches et idiots. C'est peut-être à cause de la crise, en fait: on ne croit plus vraiment à l'impossible, et on admet que la vie de
tous les jours est faite de truc parfois un peu limites, et pas si passionants que ça. Superman ne fait plus vraiment rêvé, parce qu'on a tous arrêté de mettre des slips rouges. Batman s'en sort
mieux dans les derniers films tout simplement parce qu'il est devenu plus proche de nous, plus darkside, moins starsystem que Superman quoi.
Celui à qui on doit cette petite révolution de la comédie est sans aucun
doute Judd Apatow, producteur/scénariste/réalisateur à qui l'on doit quelques petits bijoux aux titres évocateurs: 40 ans toujours puceau, En cloque mode d'emploi, Sans
Sarah rien ne va, SuperGrave, Frangins Malgré eux et Délire Express. Grâce à ce mec, exit les beaux gosses qui rafflent tout. Maintenant, les rois du monde sont
des canapés surfers, jouent à la Playstation toute la journée, regardent des films de cul, boivent, fument et font n'importe quoi.
Le film de la semaine lui rend hommage. The Hangover est LE succès de l'été aux
Etats-Unis, pour toutes les raisons évoquées plus haut.Quatre gars mi-hommes/mi-loosers partent à Las Végas enterrer la vie de garçon de l'un d'eux. Après une soirée mémorable (ou pas, en fait), trois d'entre eux se réveillent avec une gueule de bois de la mort, s'aperçoivent qu'il y a un tigre dans la salle de bain, des poules dans le salon, un bébé dans le placard, et qu'il manque le futur marié. Branle-bas de combat pour reconstituer la soirée et retrouver leur pote.
Encore une fois, comme dans les films que je viens de citer, le film est peuplé de seconds
rôles promus aux premiers rôles: dans la droite lignée des Jack Black et autre Seth Rogen, j'ai découvert un nouveau antihéros en la personne de Zach Galifianakis. Ce petit homme barbu tout rond
et tout poilu crève l'écran à chaque fois qu'il apparaît pour dire une connerie encore plus grosse que lui, ou bien dès qu'il prend une tatane dans la tête. C'est peut-être aussi ce qui le rend
si attachant: il doit avoir battu le record de coups reçus dans un film, si l'on écarte les filmos de Steven Seagal ou de Van Damme.The Hangover vaut donc le coup d'être vu entre potes, afin de passer le film à se taper dans les côtes en rigolant: "Héhé, ca nous est déjà arrivé ça, tu te rappelles, la honte...".
Bientôt, il existera un mémorial des Loosers, sur lequel nous pourrons tous aller nous reccueillir et nous confesser.
Jeu 25 jun 2009
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