Blog 'N' Roll
Comme à chaque fin d'année scolaire, c'est aussi les vacances pour les associations sportives du coin, qui nous permettent tous les mercredis après-midi
de se faire tacler dans la boue ou bien de subir des hipons sur un tatami dégueulasse qui sent les pieds.
Aujourd'hui samedi, c'était donc le repas de fin d'année de l'association sportive de ma jeunesse, quand plus que tout je rêvais d'être baraqué, sportif et populaire.
Quand je rêvais tout court, quoi.
Le club de football américain auquel j'appartenais, "Les Caïmans du Mans" était un des
premiers clubs de foot américain (amateurs) de France. A cette occasion, plusieurs personnalités ricaines venaient nous rendre visite, épater de voir que nous gardions notre French Touch même
quand trois gars de 120 kg nous sautaient à pieds joints sur l'abdomen.
Notre parrain à nous, qui est rapidement devenu mon maître à penser, tout le monde le connaît, c'est George-What Else-Clooney.
Remember.
Ahh
George, quel plaisir ce fut de le revoir, lui qui m'avait appris tout ce que je sais maintenant de la class' attitude qui ne m'a jamais quitté. L'occasion pour lui de m'offrir une dernière Master
Class, en souvenir du bon vieux temps.
George Clooney, c'est avant tout le mec qui ne s'énerve jamais. Afin de boire un petit verre tranquille, je l'emmenai dans mon pub favori, mon QG. En gentleman, George propose d'aller nous
chercher à boire. En gentleman, il a fait passer devant lui toutes les nanas assoiffées, qui, ayant compris le truc, passaient systématiquement devant George dans la file d'attente. Et mon
George, même après trente minutes passées le doigt en l'air, désespérant d'être un jour servi, gardait son sourire posé et son flegme naturel.
What Else.
Décidément, nous n'arrivions pas à nous faire servir, et il était
écrit que dans n'importe quel bar où nous pouvions aller, George laisserait toujours passer les filles devant nous. Au début, c'est impressionnant de se sentir gentleman, mais bon, la soif
aidant, tout ce qu'on veut est une bonne bière fraîche, et plus un sourire complaisant qui veut dire "Quel tocard celui-là".
En se promenant tranquillement dans les rues, on s'est retrouvé nez à nez avec une bonne vieille bagarre de gangs à l'ancienne: affrontement frontaux, crans d'arrêt entre les dents et yeux
injectés de sang.
Mon George, en essayant de les séparer comme il le fait dans Ocean's Eleven, a vite été pris à parti par les deux bandes de forcénés, qui désiraient seulement se mettre sur la gueule
gentiement. Ne voulant vexer personne, et heureux d'avoir réconcilié les deux bandes rivales, George s'est laissé tabasser avec le sourire.
What Else.
Comme il faisait beau, on a décidé de
passer quelques heures à la plage, l'eau salée pouvant désinfecter les plaies ouvertes de George.
Au début, bizarrement, j'avais un peu honte: le maillot de George, bien que super mode pour certains, ne me mettait pas vraiment à l'aise, tant il laissait transparaître toutes ses émotions. Et
puis finalement, tout le monde fut sincèrement fasciné par ce maillot d'une autre époque (et d'un autre genre surtout), et les filles étaient subjuguées par la décontraction avec laquelle
George marchait sur la plage, l'air décontracté et le regard posé sur l'horizon.
What Else.
J'étais tranquillement en train de noyer mon début de dépression dans un double-mojito quand je reçus un texto inattendu. C'était Scarlett, de passage, qui désirait me voir. "Belle occasion, me
dis-je, de réussir là où j'avais échoué la fois dernière". Sans réfléchir aux conséquences, je lui ai proposé de nous
rejoindre, George et moi, dans un bar en ville pas trop loin.
Scarlett était à l'heure, motivée (enfin, je crois). Afin d'assurer ma virilité et mon aisance, c'est moi qui suis allé commander à boire, laissant Scarlett seule avec George pendant cinq
minutes. Monumentale erreur.
Comme par hasard, le courant est bien passé entre eux deux.
Comme George n'avait pas d'endroit où dormir en ville, il m'a demandé les clés de mon appartement, dans lequel il a emmené ma Scarlett. Je n'ai pas dormi de la nuit, dérangé par le bruit du frigo
et les gémissements qui pour une fois s'échappaient de ma chambre...
L'enfoiré.