Blog 'N' Roll
Qu'il est bon le temps des cocktails sur la plage, des cercles autour d'un feu de bois, chantant les meilleures chansons d'Hugues Aufray, de George Brassens,
de Michael Jackson. Ce temps béni d'entre tous, où, faisant griller quelques brochettes de boeuf, on se raconte des histoires de peur dans l'espoir d'emballer la première venue.
Eclairés par le feu
ardent, le cul dans le sable, les yeux dans l'eau, on se serre les uns aux autres pour se réchauffer, car à la mer le soir tard, il fait froid. Note: toujours avoir un petit pull en laine à jeter
sur les épaules raffraichies de la première venue (attention, il faut qu'il sente bon, pas la transpiration).
Alors bon, les histoires de peur, c'est utile pour faciliter les rapprochements, mais quand on est à un âge où plus rien ne nous effraie, il faut bien trouver autre chose.
Heureusement, les seigneurs ancestraux du Brésil ont inventé la
Caïpirinha (ce qui signifie: la petite rustique, fallait l'inventer). Ce nom doux et sonore dissimule un vrai pouvoir, hérité des shamans d'Amazonie, qui fera dresser les oreilles
averties de la première venue.
Bon, en substance, c'est de la cachaça, un alcool de jus de canne à sucre qui tape qui tape; du sucre en poudre pour que ca bourre la gueule encore plus; du citron vert pour le côté "Oh, ça
pique!"; et de la glace, pour le côté raffraichissant.
Note: ne pas hésiter sur la cachaça, c'est bon.
Ce qui est bien avec la Caïpirinha (la Caïpi, pour les initiés), c'est son côté convivial, shaker en main autour d'un bon feu de plage. Note: servir de grands verres à la première venue, histoire
de prendre le temps de faire plus ample connaissance. Plus on sirote, plus on a soif, plus on re-sirote. C'est exponentiel.
Après une demi-douzaine de verres, il y a fort à parier
que les langues se seront déliées les unes avec les autres. On siffle son verre à la paille, jusqu'au "sluuuuurp" final qui veut dire que le verre est pratiquement vide, ou bien qu'il ne reste
que des glaçons.
Généralement, nous prend l'envie de danser la lambada, aidés par la guitare sèche qu'un de vos potes aura forcément amenée avec lui (c'est toujours comme ça, on a toujours un pote musicien qui
sort sa gratte à un feu sur la plage).
Ce qui est bien aussi avec la Caïpi, par rapport à la bière par exemple, c'est que ça laisse une haleine à la fois exotique et fraîche dans la bouche, sentant bon les vacances et les
palmiers. Une haleine brésilienne quoi, bien plus agréable qu'une haleine belge à base de Kro rotée. Collés-serrés, on frétille, on se parle de plus en près, etc.
Comme avec tous les cocktails à base d'alcool fort, on s'endort tard, et surtout n'importe
où, dans les bras de la première venue. Les Ray-Ban en vrac, on finit par fredonner des airs de musique traditionnelle brésilienne, lovés dans un paréo bon marché acheté intelligemment la
veille. Pour le coup, on raconte des histoires à dormir debout, manière de mettre en valeur le côté aventure et exceptionnel de la soirée à base de caïpirinhas chargées.
On se réveille alors à midi la tête à l'envers, pané dans le sable chaud, pire qu'après une soirée au GHB.
La première venue a aussi été la première partie, s'est barrée avec votre paréo et le fond de la bouteille de cachaça. Son empreinte dans le sable a disparu, et vous vous demandez si
finalement, vous n'avez pas seulement rêvé.
Tudo Bem.