Blog 'N' Roll

 
       Quand on est un Jeune, on a peu l'occasion de sortir: on n'est pas encore majeur donc on se fait systématiquement refouler des boîtes et on n'a pas encore de scooter donc difficile d'aller voir les potes. Seulement, il est important que le Jeune puisse faire la fête avec d'autres Jeunes, sans avoir besoin d'une fausse carte d'identité ou d'une mobylette. Pour ça, l'Homme du monde a inventé un évènement immanquable pour tout Jeune qui se respecte: la fête de village.
 La fête de village, c'est ce qui permet au Jeune de devenir un Ado.

Flashback.



        Généralement, les fêtes de village sont du vendredi au dimanche. Ca fait donc trois soirées de pure folie à gérer, une montagne pour les Jeunes que nous étions, incapables de préparer notre cartable pour le lendemain ou de s'habiller tout seul. Le premier soir, généralement, était le soir "où-on-dit-bonjour": le premier soir de la fête de village sert à retrouver tous ses camarades perdus de vue depuis la fin de l'année scolaire.
Alors le vendredi, on fait le tour de la place du village, en serrant des mains d'un air viril, en claquant la bise aux filles, et en repérant celles venues d'autres villages.




Le samedi soir, c'était le soir le plus important. Comme on avait repéré la veille les présents, les absents, et les nouveaux arrivants, on arrivait le deuxième soir en terrain conquis. En tout cas, on aimait le croire. Ca y est, on était de sortie deux soirs d'affilée, de quoi nous mettre dans un état de survoltage indescriptible.
Le deuxième soir, la municipalité mettait le paquet: Disco-mobile de fou avec danseuses, canons à mousse et effets pyrotechniques. Un peu comme à Ibiza, mais en campagne française. 



       Aux fêtes de village, les couples se formaient facilement. Pour les autres.
Cindy, du village voisin, faisait des ravages parmi mes potes, qui se trémoussaient autour d'elle en hurlant sur Tomber la chemise. La chorégraphie de cette chanson consistait donc à "tomber" la chemise, et c'est là que la sélection naturelle se faisait. Taillé dans un bâton de sucette, je gardais sagement ma chemise Creek's et je m'éloignais discrètement de la piste de danse. Jamais je n'intéresserai Cindy et ses yeux bleus, au moins c'était clair.
        Du coup, une fois ces premières démonstrations de virilité passées, le choix de filles célibataires était plus mince. Mes potes aux abdos naissants et bien dessinés roulaient tous des galoches aux filles au milieu de la piste de danse. Comme le DJ passait Tomber la chemise pour la cinquième fois de la soirée, c'était toujours le néant de mon côté.



       Heureusement, vers 1h45, c'était le quart d'heure des slows (quart d'heure disparu de nos jours, nous en avons déjà parlé). Alors tous les couples déjà formés se précipitaient sur la piste pour slower langoureusement sur la musique de Top Gun (Take my breathe away), et les mecs faisaient la queue pour slower avec Cindy et ses longs cheveux bruns.
Les célibataires formaient un cercle autour d'eux, en essayant désespérément d'accrocher un regard d'un/une autre célibataire. Moi, je faisais justement le tour de la piste, et je demandais naïvement aux filles seules un petit slow, rien qu'un, juste pour le refrain de I will always love you de Whitney Houston. Parfois, ça fonctionnait, et je réussissais à arracher quelques tour de piste à une célibataire au grand coeur.

 

 

        
       Le dernier soir, le dimanche, était le soir de la confirmation. Comme il y avait moins de monde le dimanche, on reconnaissait facilement les "piliers" de la fête du village.
Cindy était toujours là, et n'avait pour l'heure cédé à aucun des apprentis bodybuilders du village. Avec le recul, je pense qu'elle le faisait exprès, pour que tout le monde pense "j'ai ma chance", et donc que tout le monde pense "à elle". Généralement, les couples formés la veille étaient défaits. Tout était à refaire, même le quart d'heure des slows, d'une importance énorme puisque c'était le dernier soir. 



        Le dernier soir, vu que le DJ avait perdu son CD 2 titres de Tomber la chemise, j'y ai vu un signe: j'ai alors tenté de slower avec Cindy.
Bien entendu, elle a refusé, mais je me suis senti le coeur allégé, c'était le principal. J'essayais de m'en convaincre pendant que je faisais mon dernier tour de piste de célibataire: "Tu danses?", "Tant pis alors", "Tu danses?", "Bon ben pas grave", alors que la disco crachait les meilleurs slows de l'époque, de Je t'aime (Lara Fabian) à Still lovin' you (Scorpions) en passant par le Coup de Soleil (Richard Cocciante). Je rentrais chez moi des étoiles plein la tête, déjà nostalgique et impatient d'être à la fête de village suivante, la semaine d'après.



Epoque bénie...







 

Dim 19 jui 2009 2 commentaires
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HAMY JULIEN - le 19/07/2009 à 17h51
Que de souvenirs...
Dany58 - le 19/07/2009 à 18h35